Lee au Forum d'affaires Inde-Corée du Sud : «Doublons le volume des échanges commerciaux»
AKP Phnom Penh, le 21 avril 2026—
Lors de la deuxième journée de sa visite d'Etat en Inde, le président Lee Jae-myung a participé au Forum d'affaires Inde-Corée du Sud, qui s'est tenu au centre d'exposition Bharat Mandapam à New Delhi lundi. Dans son discours liminaire, il a déclaré qu'il «faut doubler le volume des échanges commerciaux en étendant les coopérations et les investissements entre la Corée du Sud et l'Inde», avant de livrer ce constat : «Les échanges commerciaux actuels entre les deux pays ne correspondent pas à l'ampleur de l'économie indienne».
S'agissant des secteurs à développer, le président Lee a exhorté : «Il faut préparer l'avenir dans les industries de technologies de pointe.» «Les deux pays pourront bénéficier d'une énorme synergie en combinant les compétences indiennes dans l'intelligence artificielle et les logiciels avec la compétitivité manufacturière sud-coréenne dans les semi-conducteurs, les batteries, l'automobile et la construction navale», a-t-il affirmé.
Il a particulièrement mis l'accent sur le secteur de la construction navale, notant : «Aujourd'hui, nous avons signé un protocole d'accord pour la construction d'un chantier naval, ce qui ouvrira la voie à des coopérations dans divers domaines.»
Le président a également offert un regard historique sur les relations entre la Corée et l'Inde, déclarant que «la civilisation maritime indienne a atteint la péninsule coréenne il y a 2.000 ans, lorsque le roi Kim Suro du royaume de Gaya et la reine Heo venue d'Ayuta se sont rencontrés».
Il a fait ainsi référence au mariage, raconté dans le Samguk Yusa, recueil de contes et légendes des Trois Royaumes compilé en 1281 par le moine bouddhiste Il Yeon, entre Kim Suro, le roi qui a fondé le royaume de Geumgwan Gaya (42-532), et de Suri Ratna (ou Heo Hwang-ok), une princesse indienne venue d'un royaume nommé «Ayuta». Ce dernier pourrait correspondre à la cité antique Ayodhya, dans le nord de l'Inde.
Dans le texte, il est dit que la reine Heo serait arrivée au royaume de Gaya par bateau, avec comme cargaison une pagode en pierre appelée Pasa. Selon la légende, la traversée aurait pu mal finir à cause d'une violente tempête, mais ce serait cette pagode qui aurait finalement calmé les vents. Le président Lee a dit voir dans cette pagode le symbole de «la volonté ferme de l'être humain à ouvrir des voies nouvelles en surmontant les dangers et les incertitudes».
Il a également indiqué que «si la reine Heo avait abandonné la traversée par peur des vagues, nos relations n'auraient pas pu commencer à ce moment-là. […] Grâce à ces liens noués il y a 2.000 ans, nos relations se poursuivent aujourd'hui encore, fortes d'une longue histoire». Il a ajouté : «Les entreprises sud-coréennes comme Hyundai Motor, Samsung Electronics et LG se sont profondément ancrées dans la vie de la population indienne, et les relations bilatérales entrent dans une nouvelle phase d'essor.»
Le président a conclu qu'«il y a aussi davantage de nouveaux défis à relever que nous avons en commun, notamment la restructuration des chaînes d'approvisionnement, la transition numérique et la crise climatique. Il faut une nouvelle structure de coopération plus avancée et ne pas rester ancrés dans les schémas du passé». Il a ajouté : «Je souhaite voir les deux pays renforcer les échanges mutuels et assembler de nouvelles pagodes Pasa.»
Lors de ce forum, des dirigeants de grandes entreprises sud-coréennes étaient également présents, notamment Lee Jae-yong, président de Samsung Electronics, Euisun Chung, du groupe Hyundai Motor, et Koo Kwang-mo, du groupe LG. Du côté indien figuraient Vijay Sankar, du groupe Sanmar, ainsi que Ravi Ruia, milliardaire et ancien dirigeant du groupe Essar.
En parallèle de ce forum, quelque 20 protocoles d'accord (MoU) ont été signés entre entreprises des deux pays, dont un accord de création d'une coentreprise d'une valeur de 7,3 milliards de dollars entre le sidérurgiste sud-coréen POSCO Holdings et le groupe indien JSW. Dans le secteur de l'énergie, GS Engineering & Construction a signé un accord avec la société indienne ARI Energy pour un projet de modernisation d'éoliennes en Inde, d'un montant de 623,4 millions de dollars.

AKP- Yonhap





