La main-d’œuvre numérique, levier stratégique pour améliorer la productivité du Vietnam
AKP Phnom Penh, le 26 août 2026—
À l’ère de la quatrième révolution industrielle, le développement d’une main-d’œuvre numérique qualifiée s'impose comme un levier décisif pour stimuler la productivité et la compétitivité des entreprises. Pour structurer cette transition, le gouvernement a promulgué la Décision n° 1202/QĐ-TTg approuvant le Projet de formation et de développement des ressources humaines dans le domaine de la normalisation, de la métrologie et de la qualité.
Le Vietnam dispose de conditions favorables au développement de la main-d’œuvre numérique, avec un taux élevé d’utilisation d’Internet, une infrastructure numérique en développement rapide et une bonne qualité des connexions. Le système éducatif et de formation s’adapte également progressivement aux standards de compétences numériques. La Circulaire n° 02/2025 du ministère de l’Éducation et de la Formation sur le cadre de compétences numériques a établi une référence commune et un cadre juridique pour développer les compétences technologiques, la créativité et la capacité d’adaptation à l’environnement numérique.
Selon Lê Minh Tâm, directeur du Centre de formation professionnelle en normalisation, métrologie et qualité relevant de la Commission nationale de normalisation, de métrologie et de qualité, la main-d’œuvre numérique constitue un facteur essentiel du développement socio-économique et du système national de normalisation, de métrologie et de qualité. Elle contribue non seulement à la gestion publique, mais aussi directement à l’amélioration de la productivité, de la qualité des produits et de la compétitivité des entreprises.
La Décision n° 1202/QD-TTg fixe notamment l’objectif de former et de perfectionner, d’ici 2030, environ 20.000 cadres, fonctionnaires, agents publics et travailleurs dans ce domaine, ainsi que de développer 1.500 experts spécialisés dans l’infrastructure qualité nationale. Le Projet prévoit également des programmes de formation modernes, le recours aux plateformes numériques et une évaluation accrue des compétences après la formation.
Pour les entreprises, une main-d’œuvre hautement qualifiée permettra de renforcer l’application des normes, le contrôle de la qualité, l’évaluation de la conformité et la traçabilité, tout en répondant aux exigences techniques croissantes des marchés. Elle facilitera également l’adaptation à la transformation numérique, à la transition verte, à l’économie circulaire, à la réduction des émissions de carbone et aux barrières techniques du commerce international.
Hoang Huu Hanh, chef adjoint du Département national de la transformation numérique relevant du ministère des Sciences et des Technologies, a souligné que le Vietnam considère la transformation numérique nationale comme une stratégie prioritaire. Les infrastructures numériques, l’intelligence artificielle et la main-d’œuvre numérique constituent, selon lui, des piliers du développement rapide et durable. Le pays s’efforce ainsi de développer les ressources humaines numériques, tant en quantité qu’en qualité, notamment en attirant et en formant des talents capables de favoriser l’innovation technologique et de créer de nouveaux modèles économiques.
La Résolution n° 57-NQ/TW souligne également la nécessité d’améliorer la qualité de l’éducation et de la formation afin de disposer de ressources humaines hautement qualifiées répondant aux exigences du développement scientifique et technologique, de l’innovation et de la transformation numérique.
Lê Thi Hoai Thuong, directrice des Affaires extérieures de Nestlé Vietnam,estime que la main-d’œuvre numérique ne se limite pas aux ingénieurs en technologies, mais englobe l’ensemble des travailleurs capables d’évoluer dans un écosystème numérique, avec une culture favorable à l’adaptation et à l’innovation. Chez Nestlé Vietnam, le modèle d’« usine connectée » a permis de numériser les données et processus de production et de réduire d’environ 60 % les activités sans valeur ajoutée, tout en maintenant la qualité, la sécurité et le développement durable.
Pour Lê Minh Tâm, la technologie ne peut produire pleinement ses effets qu’avec des ressources humaines adaptées. Le Vietnam doit donc élaborer une stratégie nationale de développement de la main-d’œuvre numérique en renforçant la coopération entre l’État, les entreprises et les établissements de formation, notamment à travers la normalisation des programmes selon les standards internationaux et l’investissement dans les infrastructures technologiques.
Dans un contexte d’intégration internationale croissante, la main-d’œuvre numérique devient ainsi un actif stratégique permettant au Vietnam de mieux maîtriser les technologies, de répondre aux normes internationales, de stimuler l’innovation, d’améliorer la productivité et de renforcer la compétitivité de son économie.

AKP-VNA




