Le ministre cambodgien de l’Information : le cessez-le-feu doit préserver le statu quo et non créer de nouveaux faits sur le terrain
AKP Phnom Penh, le 22 août 2026 --
Le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra, a souligné qu’un cessez-le-feu ne devait pas être utilisé comme une occasion de modifier la situation sur le terrain, appelant à mettre fin à toute action susceptible de créer de nouveaux faits accomplis le long de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux le 22 août, Neth Pheaktra a déclaré que lorsque les armes se taisaient, les actions susceptibles de modifier la situation sur le terrain devaient également cesser. Selon lui, un cessez-le-feu ne saurait autoriser la démolition d’habitations civiles, la construction de routes ou de nouvelles infrastructures, l’installation de barrières, de conteneurs ou de barbelés, ni la mise en place de symboles destinés à modifier le statu quo territorial.
Le ministre a souligné que ce principe revêtait une importance particulière dans l’application du Communiqué conjoint de la 3e réunion spéciale du Comité général des frontières (GBC) du 27 décembre 2025. Celle-ci prévoyait un cessez-le-feu immédiat et le maintien des positions militaires existantes, sans nouveau déplacement des troupes, tout en précisant que ces arrangements ne préjugeaient pas de la délimitation de la frontière internationale entre les deux pays.
Neth Pheaktra a insisté sur le fait que le maintien des positions militaires pendant un cessez-le-feu ne pouvait être interprété comme une reconnaissance de souveraineté ou de titre territorial, ni servir de fondement à l’élargissement d’un contrôle effectif ou à la construction de nouvelles infrastructures susceptibles d’être ultérieurement invoquées à l’appui de revendications territoriales. « Un cessez-le-feu doit donc signifier trois choses : arrêter les tirs, arrêter l’avancée et arrêter la création de nouveaux faits sur le terrain qui modifient le statu quo », a-t-il déclaré.
Il a également mis en avant la dimension humanitaire de l’accord, rappelant que le Communiqué conjoint prévoit le retour, dans les meilleurs délais, des civils vivant dans les zones frontalières affectées vers leurs domiciles et leurs moyens de subsistance, sans obstruction et dans des conditions de sécurité et de dignité. Il a ainsi questionné la possibilité pour les personnes déplacées de rentrer chez elles si leurs habitations sont démolies, si les routes d’accès sont bloquées ou si leurs communautés deviennent inaccessibles.
Le ministre a par ailleurs souligné que l’installation d’un drapeau national ou de symboles étatiques sur un site ne pouvait, à elle seule, établir une souveraineté légale sur ce territoire. La souveraineté doit être déterminée sur la base du droit international applicable, des traités, des cartes pertinentes et des processus légaux de délimitation et de démarcation des frontières. Il a rappelé que les questions de délimitation et de démarcation avaient été préservées pour la Commission mixte frontalière (JBC), conformément au Communiqué du 27 décembre.
Neth Pheaktra a appelé la communauté internationale à accorder une attention particulière au respect effectif du cessez-le-feu, estimant que l’arrêt des tirs ne suffisait pas si des actions continuaient à modifier substantiellement la situation sur le terrain. La démolition d’habitations civiles, la construction de routes ou d’infrastructures, l’obstruction au retour des civils ou l’installation de symboles destinés à manifester une souveraineté ne devraient pas simplement être présentées comme le « maintien des positions militaires », a-t-il affirmé.
Il a enfin averti que le contrôle effectif obtenu par la force ne constituait pas une souveraineté légale et que les barrières, conteneurs, tranchées, routes ou drapeaux nationaux ne pouvaient redessiner une frontière internationale. « Le génie militaire ne peut pas redessiner une frontière internationale », a-t-il dit, appelant à régler les questions frontalières restantes par les mécanismes convenus et conformément au droit international.
« Un cessez-le-feu n’est pas une autorisation d’étendre le contrôle territorial par la force ou par des actions unilatérales », a conclu Neth Pheaktra, ajoutant : « Lorsque les armes se taisent, le fait accompli doit également cesser. »



Par C. Nika





