Le ministre de l’Information souligne le rapport de The Diplomat sur les attaques thaïlandaises et la présence militaire en territoire cambodgien
AKP Phnom Penh, le 19 août 2026 --
Le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra, a mis en avant plusieurs éléments d’un article publié le 18 août par The Diplomat sur la situation à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, notamment les témoignages et observations concernant des attaques militaires thaïlandaises et la présence de forces thaïlandaises dans des zones revendiquées par le Cambodge.
Dans un message sur Facebook le 19 août, le ministre a indiqué que le long article de Lindsey Kennedy et Nathan Paul Southern abordait plusieurs questions, notamment la situation frontalière et les escroqueries en ligne. Il a particulièrement relevé trois catégories d’informations relatives aux activités militaires thaïlandaises.
La première concerne les témoignages directs de victimes affirmant ne pas avoir vu de militaires cambodgiens dans certains bâtiments qui ont ensuite été attaqués. La deuxième porte sur les observations directes des journalistes, qui auraient constaté que des bâtiments occupés avaient été bombardés puis incendiés. La troisième concerne leurs observations et informations sur la présence et les activités de militaires thaïlandais dans des zones identifiées dans l’article comme étant situées en territoire cambodgien.
D’après Neth Pheaktra, le rapport présente notamment des témoignages et observations de terrain concernant les attaques dans les zones de Choam, O’ Smach et Thmor Da. Il soulève également des interrogations sur l’affirmation de la Thaïlande selon laquelle ses opérations militaires étaient « strictement dirigées contre des cibles militaires ».
À Choam, un témoin nigérian cité dans l’article, Paul, aurait déclaré qu’avant l’attaque il n’avait jamais vu de soldats ou de véhicules militaires cambodgiens dans le complexe où il était détenu. Il a aussi témoigné que la zone avait subi plusieurs attaques de drones et bombardements quelques heures avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu du 27 décembre 2025, faisant de nombreuses victimes.
Concernant O’ Smach, le ministre a indiqué que les journalistes étaient arrivés dans la zone peu après des frappes aériennes et avaient constaté plusieurs bâtiments en feu. Selon leur reportage, certains bâtiments étaient occupés par de nombreuses personnes, notamment des victimes de traite des êtres humains dont certaines ne pouvaient pas quitter librement les lieux.
Le ministre a également relevé que les journalistes, lors de plusieurs visites à O’ Smach et Thmor Da depuis juillet 2025, auraient observé des drones de surveillance thaïlandais au-dessus de zones comprenant de nombreux bâtiments et habitants. Ils n’auraient toutefois trouvé aucune preuve que les bâtiments visés lors des attaques aient été utilisés comme bases militaires cambodgiennes, selon le rapport cité.
Le reportage évoque en outre la présence militaire thaïlandaise dans des zones revendiquées par le Cambodge. À Thmor Da, les journalistes auraient observé des murs constitués de conteneurs, des barrages routiers et des positions militaires thaïlandaises. À O’ Smach, alors qu’ils tentaient d’accéder à un casino situé en territoire cambodgien, des tirs d’avertissement auraient été effectués depuis une position militaire thaïlandaise.
Moins de 12 heures plus tard, toujours selon le récit présenté par le ministre, des soldats thaïlandais auraient de nouveau tiré alors qu’une délégation internationale composée de diplomates et d’attachés militaires inspectait la zone frontalière.
Neth Pheaktra a souligné que la question frontalière entre le Cambodge et la Thaïlande dépassait les seuls épisodes de combats et concernait également le respect du cessez-le-feu, la prévention de toute création unilatérale de « faits accomplis », les restrictions concernant la construction de nouvelles infrastructures dans les zones contestées et le retour sûr, volontaire et digne des personnes déplacées.
Il a estimé que l’installation de conteneurs, de barbelés et de barrages routiers, ainsi que le déploiement de forces empêchant les civils d’accéder à leurs maisons et à leurs terres, ne devraient pas être considérés comme de simples mesures de sécurité lorsque ces actions aboutissent à un contrôle territorial exercé par la force.
Le ministre a enfin précisé que les affirmations d’une partie militaire selon lesquelles seules des cibles militaires auraient été visées ne devraient pas être acceptées automatiquement. Il a appelé à une enquête indépendante et à l’établissement des responsabilités conformément au droit international, lorsque des témoignages, des observations de journalistes et les événements survenus après les attaques soulèvent des interrogations.
Le rapport de The Diplomat, intitulé « Cambodia: From Scam Empire to Security State », a été publié le 18 août 2026
(https://thediplomat.com/.../cambodia-from-scam-empire-to.../).



Par C. Nika





