Le président du CHRC dénonce de graves violations du droit international par la Thaïlande
AKP Phnom Penh, le 18 août 2026 --
Le Cambodge et le Canada ont échangé sur les moyens de renforcer davantage leur coopération dans le domaine des droits de l’homme, ainsi que sur l’évolution de la situation le long de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande.
Ces échanges ont eu lieu lors d’une rencontre ce matin au siège du CHRC, à Phnom Penh, entre H.E. Keo Rémy, ministre d’État et président du Comité cambodgien des droits de l’homme (CHRC), et Christian DesRoches, ambassadeur du Canada au Cambodge.
D’après un communiqué de presse du CHRC, Keo Rémy a informé l’ambassadeur canadien des activités de la partie thaïlandaise et de la situation à la frontière entre les deux pays, faisant état de graves violations du droit international, notamment du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
Il a fait part de préoccupations concernant des actes présumés de discrimination, des menaces et diverses formes de violence à l’encontre de travailleurs migrants cambodgiens vivant et travaillant en Thaïlande.
Il a également évoqué une allégation de viol collectif d’une travailleuse migrante cambodgienne qui aurait été commis par des militaires thaïlandais alors qu’elle regagnait le Cambodge depuis la Thaïlande.
Selon le président du CHRC, des attaques indiscriminées auraient été menées en profondeur à l’intérieur du territoire souverain cambodgien au moyen d’armes lourdes, de munitions à sous-munitions, de fumées toxiques et d’avions de combat, notamment des F-16, Gripen et T-50, causant des dégâts aux biens privés et publics, notamment au Temple de Preah Vihear, inscrit au patrimoine mondial, et entraînant le déplacement de plus de 640 000 personnes.
Il a, en outre, insisté sur les tentatives de créer un « fait accompli » sur le terrain, à travers la destruction des habitations des résidents et la construction de nouvelles infrastructures dans des zones occupées et détenues illégalement, ainsi que sur le pillage des biens de citoyens cambodgiens par les forces thaïlandaises.
Malgré l’accord de cessez-le-feu du 27 décembre 2025, près de 20 000 Cambodgiens déplacés ne peuvent toujours pas regagner leurs foyers en raison de l’occupation illégale du territoire cambodgien par les forces thaïlandaises, de l’installation de barbelés et de conteneurs, ainsi que de la destruction des habitations des citoyens cambodgiens.
Au cours de la rencontre, Keo Rémy a également informé l’ambassadeur canadien des efforts déployés par le Cambodge pour promouvoir et protéger les droits des couples de même sexe. Il a évoqué les orientations données par Samdech Akka Moha Sena Padei Techo Hun Sèn visant à éviter toute discrimination à l’égard des couples de même sexe, ainsi que l’appel du Premier ministre Samdech Moha Borvor Thipadei Hun Manet à faire preuve de prudence dans l’emploi de termes susceptibles d’entraîner une discrimination.
Il a en plus fait état de la coopération entre le Cambodge et la France autour d’un projet de résolution intitulé « Vers la dépénalisation universelle de l’homosexualité ».
Concernant la situation des droits de l’homme dans les prisons, Keo Rémy a indiqué que les conditions s’étaient améliorées et a notamment mentionné l’installation de boîtes à plaintes du CHRC dans les prisons et les centres correctionnels.
Pour sa part, Christian DesRoches a remercié le président du CHRC pour son accueil chaleureux et pour les informations importantes communiquées, tout en reconnaissant les progrès réalisés par le Cambodge dans son développement.
L’ambassadeur canadien a aussi souligné l’intérêt du Canada à promouvoir les investissements et à attirer des investisseurs canadiens au Cambodge. Il a par ailleurs soulevé des questions liées aux escroqueries en ligne, à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, et exprimé l’espoir que la coopération entre le Cambodge et le Canada continue de se renforcer.


Par C. Nika





