Le Cambodge proteste contre l’attribution de terres par la Thaïlande dans le village de Chouk Chey
AKP Phnom Penh, le 15 août 2026 --
Le gouvernement royal du Cambodge a officiellement adressé une ferme protestation contre les violations continues par la Thaïlande de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Cambodge le long de la frontière entre les deux pays.
Selon un communiqué de presse rendu public ce matin par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, les autorités thaïlandaises ont procédé, le 13 août, à une nouvelle opération d’attribution de terres à des citoyens thaïlandais dans le village de Chouk Chey, commune d’O’ Beichoan, district d’O’ Chrov, province de Banteay Meanchey, au Cambodge.
La zone concernée se situe sur le tronçon frontalier compris entre les bornes frontières No. 45 et No. 47.
Le ministère a qualifié cette attribution de terres d’acte administratif illégal et estimé qu’elle constituait une tentative manifeste de légitimer l’occupation illégale de territoires cambodgiens, tout en privant les Cambodgiens qui ont été contraints de quitter leurs habitations et leurs terres agricoles dans cette zone de leur droit à un retour sûr.
Le Cambodge a déclaré que ces activités préjugeaient du travail de démarcation en cours mené par les Commissions mixtes de délimitation de la frontière des deux pays et violaient l’article 5 du Mémorandum d’entente sur l’arpentage et la démarcation de la frontière terrestre (MoU 2000), signé entre le Cambodge et la Thaïlande le 14 juin 2000.
Elles contreviennent également au Procès-verbal agréé de la réunion spéciale de la Commission mixte frontalière (JBC) du 22 octobre 2025, ainsi qu’au point I relatif aux mesures de désescalade du Communiqué conjoint de la 3e réunion spéciale du Comité général des frontières (GBC), tenue le 27 décembre 2025, a indiqué le ministère.
Le Cambodge a réitéré qu’il n’acceptait aucune ligne frontalière ni aucune revendication territoriale affirmée unilatéralement par la Thaïlande, soulignant que les activités en question ne sauraient porter atteinte à ses droits ni à sa position juridiques concernant sa frontière internationale.
Le gouvernement royal a exhorté la Thaïlande à mettre fin à toute nouvelle activité dans les zones concernées ainsi que dans toute autre zone qui aurait été illégalement occupée par les forces armées thaïlandaises depuis l’année dernière.
De telles mesures contribueraient à désamorcer la situation, à renforcer la confiance mutuelle, à faciliter le règlement pacifique des différends et à rétablir la paix, la stabilité et les relations de bon voisinage le long de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande.
Le Cambodge a réaffirmé son engagement à régler tous les différends frontaliers avec la Thaïlande, ainsi qu’avec l’ensemble de ses voisins, exclusivement par des moyens pacifiques, conformément au droit international et aux accords bilatéraux existants.
Dans le même temps, le Cambodge a maintenu sa position de principe selon laquelle les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force.

Par C. Nika





