Le ministre cambodgien de la Santé appelle à des systèmes de santé plus équitables et résilients à l’ère du changement climatique et de l’IA
AKP Phnom Penh, le 11 août 2026 --
Le ministre cambodgien de la Santé, le Prof. Chheang Ra, a appelé à renforcer l’équité, la qualité et la confiance dans les systèmes de santé afin de faire progresser la couverture sanitaire universelle (CSU), soulignant que celle-ci constitue un engagement social garantissant à chacun l’accès aux soins, indépendamment de son lieu de résidence, de son âge, de ses revenus ou de sa capacité à payer.
Il s’exprimait mardi lors du 9e Forum des parlementaires Asie-Pacifique sur la santé mondiale (APPF-GH), organisé par le Cambodge du 11 au 13 août au Palais de l’Assemblée nationale à Phnom Penh sous le thème « Couverture sanitaire universelle à l’ère du changement climatique et de l’intelligence artificielle ».
Le Prof. Chheang Ra a indiqué que le Cambodge faisait progresser la CSU à travers une approche pragmatique centrée sur les soins de santé primaires, destinée à renforcer la résilience du système de santé, à travailler étroitement avec les communautés et à agir sur les déterminants plus larges de la santé. Le renforcement des soins primaires permet notamment, selon lui, d'améliorer l'équité et l'efficacité des dépenses publiques de santé.
Il a toutefois relevé plusieurs défis persistants, notamment le manque de personnels de santé par rapport aux ratios recommandés par l'OMS, l'insuffisance des infrastructures, les problèmes de qualité et de sécurité dans un secteur privé de santé vaste et fragmenté, ainsi que les disparités géographiques dans l'accès aux soins. Jusqu'à 70% des médecins spécialistes sont concentrés à Phnom Penh, a-t-il précisé.
Dans le cadre de la Feuille de route du Cambodge vers la couverture sanitaire universelle 2024-2035, le pays s'est fixé pour 2035 l'objectif de protéger 80% de la population contre les risques sanitaires, d'atteindre 80% de couverture des services de santé essentiels et de ramener les dépenses de santé directement supportées par les ménages à 35%.
Abordant les effets du changement climatique, le ministre a souligné que les vagues de chaleur extrême, les inondations, les sécheresses, l'évolution des maladies à transmission vectorielle, l'insécurité alimentaire, la pollution atmosphérique et les déplacements de populations posaient de nouveaux défis aux systèmes de santé. Il a appelé à renforcer leur capacité à protéger les communautés tout en garantissant la continuité des services de santé, notamment à travers l'approche « Une seule santé », qui reconnaît l'interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale.
Concernant l'intelligence artificielle, le Prof. Chheang Ra l'a présentée comme une opportunité majeure, notamment pour l'analyse des données, le diagnostic, la surveillance des maladies, la prévision des épidémies et l'accès à l'expertise médicale dans les zones reculées. Il a toutefois insisté sur la nécessité de placer l'innovation au service de l'humain. « L'innovation ne peut remplacer la compassion, la technologie ne peut remplacer la responsabilité et l'efficacité ne peut remplacer l'équité », a-t-il déclaré.
Le ministre a affirmé que la réalisation de la CSU ne pouvait relever du seul ministère de la Santé et nécessitait le soutien des parlementaires ainsi qu'une coopération entre les secteurs politique, législatif, financier, de la protection sociale, de l'éducation, des infrastructures et de l'environnement.
En conclusion, il a proposé trois priorités au forum : protéger chaque personne en faisant de l'équité un critère essentiel des politiques de santé ; préparer les systèmes de santé à faire face aux pandémies, au changement climatique, aux catastrophes et aux évolutions démographiques ; et mettre l'innovation, les données, les technologies numériques et l'IA au service des populations tout en préservant une approche humaine des soins.
Le Prof. Chheang Ra a enfin souligné que la bonne gouvernance et un leadership solide étaient essentiels à la réussite des réformes sanitaires, appelant les pays à renforcer leur engagement commun afin que personne ne soit laissé de côté.



Par C. Nika





