Éditorial : Le Cambodge appelle les parlements à jouer un rôle plus actif dans la préservation de la paix et de la stabilité dans un monde en fragmentation
AKP Phnom Penh, le 11 août 2026 --
À l’approche de la 2e Conférence interparlementaire des Présidents de Parlement (ISC-2), que le Cambodge accueillera du 26 au 28 août 2026, le Royaume appelle les institutions législatives du monde entier à jouer un rôle plus actif, en étroite coopération avec leurs gouvernements respectifs, dans la préservation de la paix et de la stabilité aux niveaux national, régional et mondial.
La conférence se tiendra à un moment où la communauté internationale traverse l’une des périodes les plus complexes de l’histoire récente. Les conflits armés, les rivalités géopolitiques, les incertitudes économiques et les progrès technologiques rapides rendent de plus en plus nécessaire un engagement accru des institutions législatives dans les efforts visant à préserver la paix et la stabilité.
Placée sous le thème « Solidarité pour la paix et prospérité partagée : renforcer le droit international et régler les conflits de manière pacifique », l’ISC-2 traduit l’engagement de l’Assemblée nationale et du Sénat du Cambodge en faveur de la diplomatie parlementaire et de la promotion d’une coopération pacifique fondée sur le dialogue.
Pendant des décennies, la diplomatie a été principalement perçue à travers l’action des gouvernements et des ministères des Affaires étrangères. Toutefois, les défis actuels exigent une participation plus large. En tant que représentants du peuple, les parlements jouent un rôle indispensable dans l’élaboration des lois, le contrôle de l’action gouvernementale, la promotion du dialogue et la mobilisation du soutien public en faveur de la coopération internationale.
La diplomatie parlementaire est ainsi devenue un complément important aux canaux diplomatiques traditionnels, en créant de nouvelles possibilités de dialogue, de compréhension mutuelle et de confiance, et en contribuant à la paix et à la stabilité aux niveaux national, régional et mondial.
La création de la Conférence interparlementaire des Présidents de Parlement en 2025 témoigne de la reconnaissance croissante du rôle que les institutions législatives peuvent jouer dans la promotion de la paix et de la stabilité.
Au-delà des déclarations officielles, ce forum offrira aux dirigeants parlementaires issus de différents systèmes politiques, cultures et régions l’occasion d’échanger leurs points de vue, d’identifier des intérêts communs et de promouvoir une coopération concrète. Un tel dialogue ne permettra peut-être pas de résoudre immédiatement les conflits, mais il peut favoriser la compréhension mutuelle et contribuer à réduire les tensions, notamment en période de fortes incertitudes.
L’accent mis sur le renforcement du droit international revêt une importance particulière à une époque marquée par la concurrence des intérêts stratégiques et une incertitude croissante. Le respect du droit international demeure l’un des fondements les plus fiables de la coexistence pacifique entre les nations. Le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, du règlement pacifique des différends et des principes consacrés par la Charte de l’ONU ne constitue pas une simple déclaration de principe ; il s’agit de garanties essentielles contre l’instabilité régionale et mondiale.
Lorsque ces principes sont constamment respectés, ils peuvent promouvoir une plus grande prévisibilité, réduire les risques de conflit et créer des conditions propices au développement durable.
La conférence devrait aussi rappeler une vérité fondamentale : la paix et la prospérité sont indissociables. Une croissance économique durable ne peut s’épanouir dans un contexte de conflit. L’instabilité perturbe le commerce, les investissements, la sécurité alimentaire et le développement, tandis que les défis mondiaux tels que le changement climatique, les pandémies, les cybermenaces et la criminalité transnationale ne peuvent être efficacement relevés par un seul pays agissant isolément.
Le rôle du Cambodge en tant que pays hôte revêt une importance particulière. Après avoir connu plusieurs décennies de conflits avant de parvenir à une paix complète et à une stabilité durable grâce à la réconciliation nationale à la fin de 1998, le Cambodge a démontré que la paix constitue le fondement essentiel du progrès économique, du développement des infrastructures, de la réduction de la pauvreté et d’un engagement international accru.
Phnom Penh n’est aujourd’hui pas seulement la capitale du Cambodge ; elle constitue également un rappel que les sociétés peuvent surmonter les divisions grâce au dialogue, au compromis, à la réconciliation et à un engagement durable en faveur de l’unité nationale.
L’organisation de l’ISC-2 témoigne en outre de la confiance croissante du Cambodge et de sa responsabilité accrue sur la scène internationale. Ces dernières années, le Cambodge a de plus en plus accueilli des dialogues régionaux et internationaux, démontrant sa volonté de contribuer de manière constructive à la coopération multilatérale. En accueillant des dirigeants parlementaires du monde entier, le Cambodge réaffirme son engagement en faveur d’un dialogue pacifique et du renforcement de partenariats fondés sur le respect mutuel et les intérêts communs.
Cependant, le succès de la conférence ne devrait pas être mesuré uniquement à la qualité des discussions, mais également aux actions qui suivront. Les déclarations et engagements n’ont une valeur durable que lorsqu’ils se traduisent par une coopération législative concrète, des partenariats institutionnels renforcés et des efforts continus pour défendre les normes internationales.
La diplomatie parlementaire doit donc se poursuivre au-delà des salles de conférence. Elle doit favoriser des échanges durables qui contribuent à instaurer la confiance et à faire progresser le règlement pacifique des conflits. L’histoire a montré que la paix durable ne pouvait être obtenue par la seule force militaire. Elle se construit par le dialogue, le respect de la diversité, l’adhésion à l’État de droit et la volonté de rechercher un terrain d’entente malgré les différences.
Dans un monde de plus en plus interconnecté, où les conséquences des conflits dépassent largement les frontières nationales, ces principes sont plus pertinents que jamais. L’ISC-2 offre une occasion importante aux dirigeants parlementaires de joindre leurs efforts à ceux des gouvernements et des autres parties prenantes afin de promouvoir la paix, de renforcer le droit international et de promouvoir des solutions pacifiques aux conflits.
La paix exige un engagement durable de la part des gouvernements, des législateurs et des sociétés. En réunissant les dirigeants parlementaires autour d’une vision commune fondée sur la solidarité, le droit international et la coopération pacifique, l’ISC-2 peut apporter une contribution significative à la quête commune d’un monde plus stable, plus sûr et plus prospère.

Le président du Sénat cambodgien, Samdech Techo Hun Sèn (droite), et Syed Yousaf Raza Gilani, président du Sénat du Pakistan et président fondateur de la Conférence interparlementaire des Présidents de Parlement (ISC)

La présidente de l'Assemblée nationale cambodgienne, Samdech Khuon Sudary (droite), représente le président du Sénat, Samdech Techo Hun Sèn, pour recevoir la plaque de membre fondateur de la Conférence interparlementaire des Présidents de Parlement (ISC) lors du Sommet mondial 2025 de la Fédération universelle pour la paix à Séoul, en Corée, le 11 avril.
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