L’Envoyé de l’ONU appelle à agir alors que plus de 20 000 Cambodgiens déplacés restent dans l’impossibilité de regagner leurs foyers
AKP Phnom Penh, le 31 juillet 2026 --
Un expert de l’ONU chargé des droits de l’homme a exprimé vendredi sa profonde émotion face à la situation des Cambodgiens déplacés par les conflits le long de la frontière khméro-thaïlandaise, appelant les deux pays à régler d’urgence les obstacles à la frontière et à accélérer le retour en toute sécurité des civils concernés.
Lors d’une conférence de presse tenue le 31 juillet à Phnom Penh, Tom Andrews, Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Cambodge, a fait part de ses observations à la suite de sa récente visite dans des abris temporaires et des zones frontalières touchées par les incursions des forces thaïlandaises en 2025.
M. Andrews a déclaré avoir été profondément ému par les témoignages, souvent livrés dans les larmes, de villageois déplacés faisant état de leurs pertes, de leurs maisons détruites et de leurs communautés bombardées.
Selon M. Andrews, quelque 650 000 civils ont été évacués de la zone frontalière à la fin de l’année dernière, mais plus de 20 000 personnes restent actuellement bloquées dans des camps de déplacés et ne peuvent regagner leurs foyers en raison de la présence persistante de militaires thaïlandais dans leurs villages d’origine.
Lors de sa visite sur le terrain aux abords des localités frontalières, le Rapporteur spécial de l’ONU a indiqué avoir constaté des barricades et des barbelés installés par les forces thaïlandaises, empêchant les habitants d’accéder à leurs maisons. Il a également observé des bâtiments criblés de balles et fortement endommagés, ainsi que la présence de munitions non explosées dans la zone.
« En vertu du droit international, les personnes déplacées ont un droit fondamental de retourner dans leurs foyers », a-t-il souligné, rappelant que l’accord de cessez-le-feu conclu le 27 décembre 2025 entre le Cambodge et la Thaïlande garantit explicitement aux civils un retour sûr et sans entrave afin qu’ils puissent reprendre leurs activités et leurs moyens de subsistance.
Il a précisé que les préoccupations relatives aux droits de l’homme vont au-delà de la seule question du déplacement, les habitants des camps étant confrontés au chômage, à la perte de leurs biens et à une profonde anxiété quant à leur avenir.
M. Andrews a appelé les deux pays à œuvrer de manière concertée pour démanteler les restrictions à la frontière et permettre le retour rapide et en toute sécurité de toutes les familles déplacées.

Article en khmer par Chan Sophoeun
Article en français par C. Nika





