Le directeur du CMAC réfute les affirmations des médias thaïlandais concernant les bombes MK-84 découvertes au Cambodge
AKP Phnom Penh, le 26 juin 2026 --
Le directeur général du Centre d’action contre les mines du Cambodge (CMAC) a rejeté les informations diffusées par plusieurs médias thaïlandais au sujet des bombes aériennes MK-84 découvertes sur le territoire cambodgien, estimant qu’il s’agit de tentatives visant à déformer les faits et à éluder les responsabilités.
Cette mise au point fait suite aux interrogations soulevées par des médias thaïlandais concernant les preuves présentées par les autorités cambodgiennes au sujet de bombes MK-84, qui auraient été larguées par les forces thaïlandaises lors d’opérations militaires transfrontalières.
Le responsable du CMAC a répondu à trois principaux arguments avancés par la partie thaïlandaise.
Premièrement, concernant l’affirmation selon laquelle toutes les bombes larguées par les avions thaïlandais auraient explosé, il a estimé que cette déclaration revenait implicitement à reconnaître l’utilisation de bombes aériennes contre le territoire cambodgien. Il a rappelé que, comme toute munition, les bombes aériennes présentent un certain taux de défaillance et n’explosent pas systématiquement à l’impact.
Il a comparé cette situation à celle des sous-munitions à fragmentation, dont certaines continuent d’être découvertes par le CMAC malgré les affirmations antérieures selon lesquelles elles auraient toutes explosé, mettant encore en danger des civils cambodgiens, notamment des enfants.
Deuxièmement, il a rejeté les affirmations selon lesquelles les bombes MK-84 seraient des vestiges des opérations militaires américaines des années 1960 et 1970, qualifiant cette thèse de falsification délibérée des preuves.
Selon le CMAC, toutes les munitions militaires comportent des marquages internationaux permettant leur identification, notamment des numéros de série, des dates de fabrication, des numéros de lot ainsi que des informations sur le fabricant et le pays d’origine.
Les bombes présentées par les autorités cambodgiennes portent le code 30003-923AS105 et le numéro de lot IMI96G015-011, indiquant qu’elles ont été fabriquées en 1996 par une entreprise israélienne de l’industrie militaire. Le directeur du CMAC a souligné qu’une munition produite en 1996 ne pouvait pas avoir été utilisée pendant la guerre américaine au Cambodge, qui a pris fin en 1975.
Troisièmement, en réponse aux affirmations selon lesquelles l’origine de ces bombes ne pourrait être vérifiée, il a expliqué que cette vérification pouvait être effectuée à partir des éléments matériels disponibles, notamment les composants de la bombe, les cratères d’impact, les témoignages et les données de vol.
Il a rappelé que les États-Unis avaient déjà fourni au Cambodge des archives relatives aux bombardements de la période de guerre afin de soutenir les opérations humanitaires de déminage et d’assumer leur responsabilité morale. Le CMAC utilise ces données pour orienter ses activités de dépollution.
D’après le CMAC, la zone où les bombes MK-84 ont été découvertes ne figure pas dans les bases de données américaines sur les bombardements, ce qui renforce la position du Cambodge selon laquelle ces munitions ne sont pas liées aux opérations américaines historiques.
Le CMAC a précisé que toutes les bombes MK-84, les sous-munitions et les autres engins non explosés retrouvés étaient systématiquement enregistrés, avec des informations détaillées sur leur emplacement, leurs marquages d’identification et leur état, permettant ainsi des vérifications indépendantes par des experts nationaux et internationaux.
Une partie de ces éléments sera conservée comme témoignage historique afin de rappeler les souffrances humaines causées par la guerre et de promouvoir une culture de paix pour les générations futures.
« La vérité demeure la vérité », a conclu le directeur général du CMAC, affirmant que les faits ne peuvent être modifiés par la désinformation, les déformations ou des accusations sans fondement.




Par C. Nika





