Le Cambodge appelle le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à faire prévaloir le droit sur la force
AKP Phnom Penh, le 03 mars 2026 --
Le Cambodge a exhorté le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à défendre fermement le droit international et à agir avec détermination pour préserver la paix, la souveraineté et la dignité humaine, dans un contexte de tensions frontalières persistantes avec la Thaïlande affectant gravement les populations civiles.
S’exprimant lors de la 61e session du Conseil, dans le cadre du débat général au titre du point 2, l’ambassadeur Dara In, représentant permanent du Cambodge, a remercié le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme pour sa mise à jour et pour avoir rappelé que la crédibilité de l’ordre international se mesure surtout dans les périodes de crise, lorsque le respect du droit exige courage et retenue.
Le diplomate cambodgien a souligné que la paix et la sécurité n’étaient pas des idéaux abstraits, mais les fondements mêmes de la Charte de l’ONU et la condition préalable à la jouissance effective de tous les droits humains. Selon lui, lorsque la paix s’effondre, le droit devient silencieux et les droits risquent de se réduire à de simples promesses.
L’ambassadeur a également dénoncé une inversion inquiétante des principes, dans laquelle le droit international serait traité comme facultatif, la paix comme négociable et l’usage de la force comme un moyen acceptable. Il a insisté sur le fait que la Charte de l’ONU ne tolère ni l’application sélective du droit ni la légitimation de faits accomplis par la coercition.
Évoquant la situation sur le terrain, il a affirmé que depuis la mi-mai 2025, des opérations menées par les forces armées thaïlandaises dans plusieurs zones frontalières avaient causé de graves préjudices aux communautés civiles au Cambodge. Ces actions auraient entraîné des pertes humaines, la destruction d’habitations et d’infrastructures, des pillages, des expulsions forcées et des déplacements massifs de population. Les barbelés et les conteneurs continuent d'obstruer l'accès aux domiciles et aux villages, empêchant un retour sûr et digne et prolongeant les souffrances des civils.
En conclusion, l’ambassadeur Dara In a appelé le Conseil des droits de l’homme à placer le droit au-dessus de la force et à réagir avec fermeté. Il a souligné que seul le respect de la souveraineté, l’obligation de rendre des comptes et une action multilatérale fondée sur des principes permettront de protéger durablement la dignité humaine et de consolider la paix.

Par C. Nika





