Le chef du Pentagone évoque un «nouveau standard» pour les dépenses dans la défense des alliés
AKP Phnom Penh, le 19 juin 2025—
Le secrétaire à la Défense des Etats-Unis, Pete Hegseth, a mis en avant un «nouveau standard» pour les budgets qu'allouent dans la défense les pays alliés à Washington, y compris ceux en Asie, rappelant que le président américain Donald Trump a exigé de chacun des pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan) qu'il contribue aux efforts en y attribuant 5% de son produit intérieur brut (PIB). Hegseth a tenu ces propos mercredi durant une audition devant la commission sénatoriale des forces armées. Selon lui, les Etats-Unis ne peuvent pas être plus intéressés que les alliés eux-mêmes par leur propre sécurité.
«A la rencontre des chefs d'Etat de l'Otan la semaine prochaine, nous nous attendrons à ce que les alliés de l'Otan s'engagent à dépenser 5% de leur PIB dans la défense et les investissements liés à la défense, un accomplissement quasiment inconcevable. Le président Trump a lancé ce projet lors de son premier mandat», a-t-il déclaré. «Avec l'Otan qui s'améliore, nous avons maintenant un nouveau standard pour les dépenses dans la défense de nos alliés auquel tous nos alliés dans le monde, y compris en Asie, devront passer.»
Trump a en effet demandé que les Etats membres de l'Otan dédient 5% de leur PIB dans la défense, un taux bien plus élevé que la recommandation de 2% sur laquelle s'étaient mis d'accord les dirigeants de ces pays en 2014. Ce rappel à l'ordre lancé par Hegseth intervient également à un moment où Séoul redoute déjà que Trump lui réclame une plus grande participation financière dans les frais liés au maintien des Forces américaines en Corée du Sud (USFK), et que cette question soit également remise sur la table des négociations commerciales engagées par Séoul pour éviter de se retrouver sous le coup des droits de douane américains.
De plus, l'administration Trump a déjà évoqué un réalignement stratégique pour contenir une Chine dont l'attitude s'affirme de plus en plus, ce qui pourrait remettre en question la présence militaire américaine en Corée du Sud ou son rôle. Les dépenses dans la défense de Séoul représentent actuellement 2,5% de son PIB.
Le mois dernier, lors du Dialogue Shangri-La, un forum sur la défense et la sécurité qui se tient chaque année à Singapour, Hegseth avait déjà appelé les alliés de l'Indo-Pacifique à augmenter leurs dépenses jusqu'à 5% du PIB. «Cela ne ferait aucun sens que les pays en Europe le fassent, tandis que des alliés et partenaires importants en Asie dépensent moins dans la défense face à une menace encore plus redoutable, et c'est sans parler de la Corée du Nord», avait-il dit à ce sujet.
Lors de son audition d'hier, Hegseth a répété que le Pentagone applique un programme «sensé» pour «obtenir la paix par la force». «Comme le président l'a souligné à juste titre, il serait simplement juste que nos alliés et partenaires fournissent leur part. Nous ne pouvons pas vouloir leur sécurité plus qu'eux.»
AKP-Yonhap





