Les négociations entre Séoul et Washington pourraient buter sur la question du commerce avec la Chine
AKP Phnom Penh, le 22 avril 2025—
Une experte américaine a estimé lundi que lors de ses consultations commerciales avec les Etats-Unis cette semaine, la Corée du Sud pourrait rencontrer des difficultés à accepter des mesures allant à l'encontre du commerce avec la Chine, alors que Pékin a mis en garde les pays qui seraient tentés de signer des accords qui lui seraient défavorables.
Wendy Cutler, vice-présidente de l'Asia Society Policy Institute, réagissait à la venue imminente à Washington des ministres sud-coréens des Finances et du Commerce pour des consultations dites «2+2», prévues jeudi avec Scott Bessent, secrétaire au Trésor, et Jamieson Greer, représentant américain au Commerce.
La Corée du Sud figure parmi les premiers pays à engager des négociations avec Washington sur leurs relations commerciales après que l'administration de Donald Trump a mis en place puis suspendu des droits de douane «réciproques» contre tous ses partenaires commerciaux avec lesquels les Etats-Unis ont un déficit commercial.
Mais il y a quelques jours, le ministère chinois du Commerce a prévenu que des mesures de rétorsion seraient prises «de manière résolue» contre tout pays acceptant un accord avec Washington qui nuirait aux intérêts chinois.
«Accepter des mesures qui prennent pour cible la Chine, son plus grand partenaire commercial, serait particulièrement difficile pour la Corée», a dit Cutler. «L'avertissement d'aujourd'hui par Pékin est probablement en train de causer un redoublement de l'angoisse au sein des négociateurs coréens, qui essaient difficilement de remédier aux préoccupations américaines mais qui auront leurs limites.»
L'experte s'est dite également inquiète de l'influence que pourrait avoir sur les négociations l'élection présidentielle anticipée du 3 juin. «Le fait que l'élection présidentielle en Corée début juin arrive pendant la période de négociations de 90 jours pourrait également compliquer la donne en ajoutant à l'équation la politique coréenne», a-t-elle expliqué.
Le pays est sous la menace d'une surtaxe douanière de 25%, abaissée depuis le 9 avril à 10% comme pour la quasi-totalité des pays du globe pour une période de grâce de 90 jours. Mais des droits de douane spécifiques aux secteurs de la sidérurgie et de l'automobile sont déjà en place, tandis que les semi-conducteurs semblent désormais dans le collimateur de la Maison-Blanche. Ces trois filières occupent une grande place dans l'économie nationale, laquelle repose essentiellement sur l'exportation.
Cutler a identifié les produits agricoles comme un «secteur politiquement sensible pour la Corée mais pour lequel ils seraient disposés de fournir un plus grand accès au marché». Elle a relevé que la Corée a énormément à offrir aux Etats-Unis, notamment des investissements directs de ses entreprises automobiles, sidérurgiques et de semi-conducteurs, ou des collaborations dans la construction navale et l'énergie comme avec le gaz naturel liquéfié d'Alaska.

AKP-Yonhap





