Le Cambodge réaffirme son engagement en faveur des droits de l’homme et appelle au retour des civils déplacés
AKP Phnom Penh, le 3 octobre 2026 --
Le Cambodge a réaffirmé son engagement en faveur du dialogue ouvert et de la coopération continue avec le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Cambodge, tout en appelant à maintenir l’attention sur les conséquences du conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande en matière de droits de l’homme.
S’exprimant lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, le 2 octobre, Kè Sovann, ambassadeur et représentant permanent du Cambodge auprès de l’Office de l’ONU à Genève, a déclaré que le Cambodge avait pris note du rapport du Rapporteur spécial et apprécié les échanges constructifs intervenus lors de sa première visite officielle au Cambodge.
Il a souligné que les discussions sur les droits de l’homme devaient refléter l’ensemble de la situation, en tenant compte à la fois des défis et des progrès réalisés. Le Cambodge s’est félicité de la reconnaissance, dans le rapport, des réalisations du pays et de sa coopération constructive avec le mandat, tout en soulignant que ces évolutions positives ne devraient pas être sous-représentées.
Concernant la situation à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, Kè Sovann a mis en avant ce que le Cambodge considère comme les conséquences urgentes du conflit sur les droits de l’homme. Il a indiqué qu’environ 650 000 Cambodgiens avaient été déplacés à l’intérieur du pays au plus fort de la situation en décembre 2025, tandis que plus de 20 000 personnes demeuraient actuellement dans l’impossibilité de regagner leurs foyers situés sur le territoire cambodgien.
L’ambassadeur a indiqué que le Rapporteur spécial avait identifié des obstacles pratiques au retour des civils déplacés ainsi que les répercussions sur leurs moyens de subsistance, leur éducation, leur santé et leur vie communautaire. Le Cambodge a soutenu l’appel du Rapporteur spécial à la Thaïlande et au Cambodge à faciliter le retour des civils déplacés, soulignant leur droit de regagner leurs foyers en vertu du droit international.
Le Cambodge a également appelé à poursuivre le dialogue et à mettre en œuvre de bonne foi et dans son intégralité le Communiqué conjoint du 27 décembre 2025, notamment en ce qui concerne le retour sûr et digne des civils touchés et la reprise de leurs moyens de subsistance habituels.
Abordant ensuite la question des escroqueries en ligne, Kè Sovann a qualifié ce phénomène de criminalité de nature transfrontalière nécessitant une action collective. Il a déclaré que le Cambodge avait intensifié l’application de la loi, les poursuites judiciaires, les enquêtes financières et la coopération internationale, ce qui avait permis le démantèlement de centaines de lieux d’escroquerie, l’arrestation et la poursuite de milliers de suspects, le gel d’importants avoirs criminels et le sauvetage de milliers de victimes.
Il a en outre mis en avant la Conférence internationale sur la lutte contre les anarques en ligne, organisée par le Cambodge les 23 et 24 septembre derniers, qui a adopté la Déclaration de Phnom Penh. Cette déclaration engage les pays participants à démanteler les réseaux criminels transnationaux, à protéger les victimes et à renforcer la coopération internationale sur la base du respect mutuel, de la souveraineté et du droit national.
Concernant l’espace civique et politique, l’ambassadeur cambodgien a réaffirmé que nul n’était poursuivi en raison de ses opinions politiques, de sa profession ou de son affiliation. Il a déclaré que la société civile continuait de jouer un rôle important au Cambodge, tandis que l’enregistrement et l’octroi de licences faisaient partie du cadre juridique du pays et ne devraient pas être considérés comme des restrictions à l’espace civique.
S’agissant de la participation politique, le Cambodge a réaffirmé son engagement en faveur du pluralisme, de l’inclusion et de la démocratie libérale multipartite. Kè Sovann a indiqué que la participation politique ne se limitait pas aux élections, mais s’exerçait également à travers le dialogue et les consultations entre partis, permettant aux formations politiques d’exprimer leurs points de vue sur les politiques et les questions sociales.
Il a en outre mis en avant les efforts du Cambodge pour renforcer la protection et l’inclusion des femmes, des enfants, des personnes handicapées, des personnes LGBTQ+ et des communautés autochtones, notamment dans les domaines des relations entre personnes de même sexe, de la protection de l’enfance, de la réforme relative aux personnes handicapées et des droits fonciers collectifs des communautés autochtones.
L’ambassadeur a encouragé une approche privilégiant l’engagement constructif, l’assistance technique et le renforcement des capacités, tout en préservant l’espace nécessaire au dialogue, à la coopération et au développement durable.
Dans ses remarques finales, Kè Sovann a réaffirmé la volonté du Cambodge de poursuivre de bonne foi son engagement avec le Rapporteur spécial afin de faire progresser la protection des droits de l’homme et de répondre aux besoins urgents des communautés touchées par le conflit frontalier, conformément au droit international.
Il a aussi rejeté les « informations fausses et trompeuses » concernant la situation à la frontière, affirmant que les Cambodgiens actuellement déplacés avaient été contraints de fuir leurs foyers situés sur le territoire cambodgien à cause d’attaques menées par les forces armées thaïlandaises en 2025.
Il a en outre déclaré que les archives des Nations Unies montraient que les réfugiés cambodgiens ayant fui la guerre civile au cours des années 1970 avaient quitté la Thaïlande en 1999, réaffirmant la position du Cambodge selon laquelle la frontière internationale entre le Cambodge et la Thaïlande est reconnue par la Convention de 1904 et le Traité de 1907.
Kè Sovann a également déclaré que le Cambodge considérait les activités actuelles des forces armées thaïlandaises dans des zones du territoire cambodgien illégalement occupées comme contraires à la Charte de l’ONU, au droit international et aux accords bilatéraux. Il a rejeté toute utilisation abusive de la question des escroqueries en ligne comme prétexte à l’empiètement sur le territoire d’un autre État, tout en réaffirmant l’engagement du Cambodge à lutter contre les escroqueries en ligne.




Par C. Nika





