Le Cambodge proteste contre les violations persistantes de sa souveraineté et de son intégrité territoriale par l’armée thaïlandaise
AKP Phnom Penh, le 22 juillet 2026 --
Le gouvernement royal du Cambodge a officiellement adressé une nouvelle protestation à la Thaïlande contre les violations continues de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Cambodge le long de la frontière entre les deux pays.
Selon un communiqué publié le 22 juillet par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, les forces armées thaïlandaises ont mené, entre les 13 et 15 juillet 2026, de nouveaux travaux de construction routière entre les bornes frontières No. 8 et No. 9, dans la zone de Ta Tum, district d’Anlong Vèng, province d’Oddâr Meanchey, en s’étendant profondément à l’intérieur du territoire cambodgien.
Le ministère a ajouté que de nouveaux empiètements avaient été constatés entre les 15 et 19 juillet, lorsque les forces armées thaïlandaises avaient poursuivi progressivement la construction de cette route et installé des barbelés entre les bornes frontières No. 19 et No. 20, dans la zone de Chup Doeum Khnol, située dans le quartier de Kon Kriel, ville de Samraong, province d’Oddâr Meanchey.
Le gouvernement royal du Cambodge a affirmé que ces activités constituaient une violation manifeste de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume, telles que définies et délimitées par les cartes à l’échelle 1:200 000 établies par les Commissions de délimitation de la frontière entre l’Indochine et le Siam, conformément à la Convention franco-siamoise de 1904 et au Traité de 1907.
Le gouvernement a également souligné que ces activités contrevenaient à l’article 5 du Mémorandum d’entente de 2000 (MoU 2000) entre les gouvernements du Cambodge et de la Thaïlande sur le levé et la démarcation de la frontière terrestre, signé le 14 juin 2000, ainsi qu’au point I (Mesures de désescalade) du Communiqué conjoint adopté lors de la 3e réunion spéciale du Comité général des frontières (GBC) le 27 décembre 2025, aux termes de laquelle les deux parties étaient convenues de renvoyer cette question à la Commission mixte frontalière (JBC) afin de reprendre, dans les meilleurs délais, les travaux de levé et de démarcation de la frontière conformément aux accords bilatéraux en vigueur.
Le gouvernement royal du Cambodge a réitéré qu’il ne reconnaissait aucune ligne frontalière ni aucune revendication territoriale imposée unilatéralement par la Thaïlande, précisant que les activités susmentionnées ne sauraient porter atteinte aux droits juridiques du Cambodge ni à sa position concernant sa frontière internationale.
Le Cambodge a exhorté la Thaïlande à mettre immédiatement fin à ces activités dans les zones concernées ainsi que dans tous les autres secteurs occupés illégalement par les forces thaïlandaises depuis l’année dernière, afin de favoriser la désescalade des tensions, de renforcer la confiance mutuelle, de faciliter le règlement pacifique des différends et de rétablir la paix, la stabilité et les relations de bon voisinage le long de la frontière khméro-thaïlandaise.
Le gouvernement royal a enfin réaffirmé son engagement à régler tous les différends frontaliers avec la Thaïlande, comme avec l’ensemble des pays voisins du Cambodge, exclusivement par des moyens pacifiques, conformément au droit international et aux accords bilatéraux en vigueur, tout en maintenant fermement son principe selon lequel les frontières internationales ne doivent jamais être modifiées par la force.


Par C. Nika




