Un dirigeant cambodgien réfute les revendications thaïlandaises sur la province de Banteay Meanchey
AKP Phnom Penh, le 25 février 2026 --
Le ministre d’État Ieng Mouly a fermement rejeté les revendications territoriales de la Thaïlande sur certaines zones de la province de Banteay Meanchey, affirmant qu’elles sont « illégales et contraires aux faits historiques ».
Témoignant en tant qu’ancien secrétaire général du Front national de libération du peuple khmer (FNLPK) et ex-membre du Conseil national suprême du Cambodge (SNC), Ieng Mouly a rappelé qu’en 1982, après son retour de France, il avait rejoint le FNLPK dans plusieurs camps établis le long de la frontière, tous situés, selon lui, sur le territoire cambodgien.
Il a cité notamment les camps de Nong Chan, Rithysen, Ampil et Samlor Chhnanh, ainsi que d’autres camps plus éloignés, précisant qu’ils ont été attaqués durant les années 1980 par les forces de la République populaire du Kampuchéa avec l’appui de l’armée vietnamienne. D’après lui, l’absence totale d’intervention militaire thaïlandaise à l’époque prouve que ces camps ne se trouvaient pas sur le sol thaïlandais.
Après leur démantèlement en 1984-1985, les réfugiés civils ont été transférés vers des camps situés en Thaïlande avant d’être entièrement rapatriés au Cambodge à la suite des Accords de paix de Paris. Il a ainsi qualifié de « totalement fausse » l’affirmation selon laquelle des réfugiés khmers vivraient encore depuis des décennies sur le territoire thaïlandais.
Concernant la zone de Boeng Trakuon, Ieng Mouly a indiqué qu’elle était inhabitée jusqu’à la fin des années 1980, avant d’être structurée en base militaire sous administration cambodgienne. Il a ajouté que durant la période de l’APRONUC (l’Autorité provisoire des Nations Unies au Cambodge), cette réalité territoriale était reconnue par les autorités internationales et n’avait suscité aucune objection de la part de la Thaïlande.
Il a souligné que le maintien de troupes thaïlandaises, la construction d’infrastructures, l’installation de conteneurs et la pose de barbelés dans ces zones constituaient, selon lui, des violations répétées du cessez-le-feu et des accords bilatéraux existants entre les deux pays.
Le ministre d’État a aussi estimé que la question frontalière était exploitée à des fins politiques internes en Thaïlande, alimentant un discours ultranationaliste utilisé dans le cadre des rivalités électorales, au détriment de la stabilité régionale.
Il a appelé la partie thaïlandaise à autoriser immédiatement la reprise des travaux du Groupe conjoint de levé topographique, sans condition préalable liée à la formation d’un nouveau gouvernement, afin de parvenir à une solution pacifique fondée sur le droit international.
Ieng Mouly a enfin exprimé son plein soutien aux démarches diplomatiques menées par le Premier ministre Samdech Moha Borvor Thipadei Hun Manet, soulignant que seule une approche fondée sur le dialogue, la légalité internationale et le respect mutuel permettra de préserver la paix et la souveraineté du Cambodge.

Par C. Nika





