Le Cambodge alerte le Conseil des droits de l’homme sur la situation des civils affectés par les tensions frontalières
AKP Phnom Penh, le 24 février 2026 --
Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Cambodge, Prak Sokhonn, a exprimé de vives préoccupations concernant les conséquences humanitaires et les violations des droits humains liées aux opérations militaires thaïlandaises le long de la frontière.
Dans son intervention à la 61e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, à Genève, en Suisse, le 24 février, Prak Sokhonn a indiqué que depuis la mi-2025, les opérations militaires thaïlandaises s’étaient étendues à plusieurs zones frontalières, entraînant de graves conséquences pour la population civile cambodgienne. Bien qu’un second cessez-le-feu conclu à la fin de l’année dernière soit toujours en vigueur, il demeure fragile, a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie cambodgienne a poursuivi que, depuis cet accord, des positions militaires avaient été établies au-delà des lignes revendiquées, provoquant des empiètements sur des territoires situés bien à l’intérieur du Cambodge. Dans plusieurs villages frontaliers occupés, des civils auraient été expulsés de force de leurs domiciles, des habitations détruites et des infrastructures militaires érigées. L’accès à certaines zones serait également restreint par des fils barbelés et des conteneurs, empêchant le retour sûr et digne des populations déplacées, en contradiction avec les arrangements conclus entre les deux pays.
Au plus fort des hostilités, près de 650 000 personnes ont été déplacées, a rappelé Prak Sokhonn. D’après le ministère de l’Intérieur, à compter jusqu’au matin du 24 février, à 7h, 65 174 personnes déplacées, dont 34 338 femmes et 21 793 enfants, n’avaient toujours pas pu rentrer chez eux.
Le ministre cambodgien des Affaires étrangères a estimé que ces actions touchant directement les civils soulevaient de sérieuses préoccupations au regard du droit international et des droits de l’homme, notamment en ce qui concerne le droit à la vie, la sécurité de la personne, la liberté de circulation, le droit à un logement adéquat ainsi que l’accès à la vie culturelle et religieuse.
Il a par ailleurs affirmé que, tout au long de cette période, le Cambodge a fait preuve de retenue et de responsabilité, en fournissant une aide humanitaire, en assurant la continuité des services essentiels aux personnes déplacées et en restant fermement engagé en faveur d’un cessez-le-feu efficace et durable, ainsi que d’un dialogue pacifique en vue d’un retour à la normalisation.
Soulignant que la protection des droits humains est indissociable de la paix, le Cambodge a appelé au respect total et à la mise en œuvre fidèle des accords existants, au retrait des forces militaires thaïlandaises du territoire cambodgien, et au règlement pacifique des différends conformément aux principes de non-recours à la force, du droit international et du droit international humanitaire.
Selon Prak Sokhonn, seule une telle démarche permettra aux deux peuples de coexister dans la paix, la stabilité et le respect mutuel.


Par C. Nika





