Le Cambodge accuse la Thaïlande de violations frontalières persistantes malgré le cessez-le-feu
AKP Phnom Penh, le 13 février 2026 --
L’ambassadeur du Cambodge en France, Luy David, a alerté l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sur la poursuite des violations territoriales commises par les forces militaires thaïlandaises, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 27 décembre 2025.
S’exprimant lors de la 257ᵉ session de la Commission politique de l’OIF le 11 février, il a affirmé que les forces thaïlandaises continuaient de modifier le terrain sur des territoires souverains cambodgiens occupés, notamment par la destruction de maisons civiles, l’installation de barbelés et de conteneurs, ainsi que le creusement de tranchées.
D’après l’ambassadeur, ces actions créent un fait accompli sur le terrain et empêchent le retour sûr et digne des civils déplacés, alors que des dizaines de milliers de personnes restent affectées par le conflit.
Il a également fait état de l’utilisation d’artillerie lourde, de drones et de frappes aériennes, ayant causé des pertes civiles et des dégâts considérables aux infrastructures et aux sites culturels.
Parmi les sites touchés figurent le Temple de Preah Vihear, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi que les Temples de Ta Krabei et de Tamone Thom, que le Cambodge considère comme relevant clairement de sa souveraineté conformément à la Convention franco-siamoise de 1904 et au Traité de 1907, reconnus par la Cour internationale de Justice.
Bien que le cessez-le-feu, conclu lors de la 3e Réunion spéciale du Comité général des frontières et supervisé par l’ASEAN, visait à mettre fin aux hostilités et à faciliter le retour des réfugiés, l’ambassadeur a qualifié les actions actuelles de la Thaïlande d’« inacceptables et inhumaines ».
Le Cambodge a réaffirmé son attachement au droit international et a appelé la Thaïlande à respecter pleinement ses engagements, soulignant que les frontières ne peuvent être modifiées par la force et que la souveraineté nationale demeure non négociable.

Par C. Nika





