Le Cambodge accuse la Thaïlande de violations territoriales et patrimoniales
AKP Phnom Penh, le 02 février 2026 --
Le Cambodge a vivement dénoncé les actions de la Thaïlande lors de la réunion du Comité exécutif de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), tenue les 30 et 31 janvier derniers au Monténégro, l’accusant de violations de sa souveraineté territoriale, du cessez-le-feu et de dommages causés à des sites du patrimoine mondial.
S’exprimant devant l’APF, Ouch Borith, premier vice-président du Sénat cambodgien et vice-président de l’APF, a déclaré que la situation à la frontière s’était « fortement détériorée » en raison du non-respect du droit international. Il a affirmé que, malgré le cessez-le-feu conclu le 27 décembre 2025, les forces thaïlandaises continuaient d’occuper des zones du territoire cambodgien.
Selon lui, des soldats thaïlandais ont érigé des barbelés et installé des conteneurs afin d’empêcher les civils cambodgiens de regagner leurs habitations. Il a également accusé la Thaïlande de tenter de modifier unilatéralement le statu quo frontalier en s’appuyant sur des cartes dépourvues de fondement juridique international, en violation des accords de 1904 et 1907.
Ouch Borith a par ailleurs dénoncé une « tragédie humanitaire et culturelle », évoquant des dégâts causés à des sites historiques, dont le Temple de Preah Vihear, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il a souligné que les atteintes au patrimoine culturel constituaient une perte irréparable non seulement pour le Cambodge, mais pour l’humanité tout entière.
Réaffirmant l’attachement du Cambodge à une résolution pacifique du différend, il a appelé l’APF à renforcer la diplomatie parlementaire afin de contribuer au rétablissement de la stabilité régionale, dans le respect des mécanismes bilatéraux existants et de la Charte de l’ASEAN et celle de l’ONU.
Le Comité exécutif de l’APF a exprimé sa solidarité avec la délégation cambodgienne et a intégré officiellement le rapport sur les tensions entre le Cambodge et la Thaïlande dans les archives du Comité politique de l’APF.


Par C. Nika





