Un chat pêcheur observé pour la première fois dans le Tonlé Sap, à Pursat
AKP Phnom Penh, le 02 février 2026 --
Un chat pêcheur, espèce rare, a été observé pour la première fois dans les forêts inondées restaurées de la province de Pursat, autour du lac Tonlé Sap. Cette observation marque une étape importante dans les efforts de conservation des zones humides menés à long terme par le Cambodge.
D’après un communiqué de presse conjoint rendu public ce matin à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, la présence de ce chat sauvage discret (Prionailurus viverrinus) a été confirmée grâce à la capture de 46 images d’un individu par des pièges photographiques au milieu de l’année 2025. Cette découverte a été validée par Conservation International, en collaboration avec le gouvernement royal du Cambodge, les communautés locales et des partenaires de conservation, après 15 ans de restauration des zones humides dans la région.
Mme Vanessa Herranz Muñoz, directrice de la Fishing Cat Ecological Enterprise (FCEE), a confirmé l'identification, précisant que le chat pêcheur est classé comme vulnérable sur la Liste rouge de l'UICN. « Les observations en Asie du Sud-Est sont extrêmement rares et la population au Cambodge est probablement faible », a-t-elle dit, ajoutant : « Il s'agit seulement de la deuxième observation confirmée dans toute la région du Tonlé Sap, ce qui nous donne bon espoir pour le rétablissement de ce félin aquatique unique. »
Originaire d'Asie du Sud et du Sud-Est, le chat pêcheur compterait moins de 10 000 individus adultes dans le monde. Cette espèce est connue pour son mode de vie semi-aquatique, ses pattes partiellement palmées et ses excellentes aptitudes à la nage, qui lui permettent de chasser aussi bien les poissons que les rongeurs, les oiseaux et les reptiles.
Au Cambodge, les observations confirmées restent rares et se sont jusqu'à présent limitées à des zones telles que le sanctuaire de faune sauvage de Kulen Promtep, les mangroves côtières, le Parc national de Ream et le site Ramsar de Tonlé Chmar. Le suivi est souvent compliqué par des confusions avec le chat-léopard, plus commun.
Sony Oum, directeur de Conservation International au Cambodge, a déclaré que cette découverte témoignait des impacts des efforts de conservation soutenus. « Le retour du chat pêcheur atteste de l'efficacité d'une restauration des zones humides fondée sur des données scientifiques et d'une conservation menée par les communautés locales. En restaurant la santé écologique, nous soutenons la biodiversité tout en renforçant la résilience climatique et les moyens de subsistance locaux », a-t-il affirmé.
Dith Tina, ministre de l'Agriculture, des Forêts, de la Chasse et de la Pêche, a qualifié cette découverte de signal fort de la nature. « La présence confirmée du chat pêcheur dans les forêts inondées du Tonlé Sap démontre les résultats de notre gestion à long terme des pêcheries et des écosystèmes forestiers inondés », a-t-il déclaré, soulignant l'importance de la restauration des habitats pour la conservation de la biodiversité et les moyens de subsistance des communautés.
Le Dr Eang Sophalleth, ministre de l’Environnement, a dit que cette découverte témoignait également de l'efficacité des politiques environnementales nationales du Cambodge. Il a souligné qu'elle mettait en lumière les progrès accomplis dans le cadre d'initiatives telles que la Stratégie circulaire pour l'environnement, les Contributions déterminées au niveau national (CDN 3.0) et la Stratégie et le Plan d'action nationaux pour la biodiversité, mises en œuvre grâce à des partenariats solides visant à bâtir un Cambodge propre et vert.
Depuis 2010, Conservation International collabore avec 16 communautés de pêcheurs locales, l'Administration des pêches et le ministère de l'Environnement pour restaurer plus de 1 000 hectares de forêt inondée dégradée autour du Tonlé Sap. Cette initiative comprend la replantation d'arbres indigènes, le renforcement de la protection des habitats, la mise en place de patrouilles communautaires, la prévention des incendies et le soutien aux moyens de subsistance durables des communautés locales.


Par C. Nika (Photo: Conservation International)





