Le Cambodge condamne l’occupation illégale et le pillage de logements civils par l’armée thaïlandaise
AKP Phnom Penh, le 05 janvier 2026 --
Le Cambodge a de nouveau condamné avec la plus grande fermeté l’occupation illégale par l’armée thaïlandaise de certaines zones de son territoire, notamment le déploiement de conteneurs et de barbelés, la plantation de drapeaux nationaux dans les zones occupées illégalement, ainsi que la destruction et le pillage de biens appartenant à des civils cambodgiens.
Le pays qualifie ces actes de graves violations du droit international et de violations flagrantes des droits de l’homme, a souligné Pen Bona, chef de l’Unité des porte-parole du gouvernement royal dans un point de presse le 5 janvier.
Le porte-parole a déclaré que l’armée thaïlandaise avait impitoyablement détruit des habitations et des infrastructures civiles sur le territoire souverain du Cambodge. Ces actes ont été perpétrés lors d’opérations militaires d’envergure menées du 7 au 27 décembre 2025, qui ont ciblé des zones civiles cambodgiennes.
Il a précisé que ces actes de destruction s’étaient poursuivis même après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, les forces thaïlandaises déployant des engins lourds et des effectifs contre des cibles civiles. De plus, des soldats thaïlandais ont clôturé des terrains et des maisons appartenant à des civils cambodgiens innocents, tout en continuant de détruire, voler et piller leurs biens de manière désordonnée et inhumaine.
« Ces actions ont causé des pertes et des dommages considérables aux biens et infrastructures civils et ont entravé le retour des civils déplacés dans leurs foyers et la reprise de leurs activités normales, en violation flagrante de l'esprit du point 4 de la Déclaration conjointe adoptée le 27 décembre 2025 », a-t-il ajouté.
Le gouvernement royal du Cambodge a exigé que la Thaïlande cesse immédiatement toutes ses activités militaires hostiles et a appelé la partie thaïlandaise à respecter scrupuleusement le mandat de la Commission mixte frontalière des deux pays, chargé de procéder à la démarcation de la frontière conformément aux accords existants et au droit international.
Pen Bona a réitéré la position ferme et inébranlable du Cambodge quant à la sauvegarde de la frontière internationale khméro-thaïlandaise, telle qu'hérité de la Commission de délimitation de la frontière entre l'Indochine et le Siam, dans le plein respect du droit international, notamment du principe de l'intangibilité des frontières (uti possidetis juris), des conventions et traités franco-siamois, des cartes pertinentes et des procès-verbaux de la Commission de délimitation de la frontière entre l'Indochine et le Siam, ainsi que de tous les accords et documents mutuellement reconnus par les deux parties.
« Le Cambodge réaffirme qu'il ne reconnaîtra aucune modification de la ligne de démarcation résultant de l'usage de la force », a-t-il souligné.
Le porte-parole a également déclaré que le déploiement de conteneurs et de barbelés, ainsi que la plantation de drapeaux nationaux dans les zones illégalement occupées par les forces thaïlandaises, constituaient une violation flagrante de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Cambodge. La destruction d'habitations civiles, a-t-il affirmé, représente une grave violation du droit international et du droit international humanitaire.
« Plus grave encore, les preuves disponibles démontrent que les forces armées thaïlandaises ont commis des actes de pillage dans des zones sous leur contrôle, ce qui est inacceptable, inhumain et strictement interdit par le droit international », a-t-il dit.
Selon un communiqué de presse rendu public hier soir par le ministère de l'Intérieur, des soldats thaïlandais, stationnés dans la province de Pursat, ont été observés en train de forcer les serrures et de pénétrer de force dans des maisons du village de Sangkum Thmei, où ils ont confisqué des objets de valeur dans huit habitations, dont quatre motos et deux charrettes à ordures.

Par C. Nika





