Apec 2025 : Trump et Xi tiennent un sommet sur fond de guerre commerciale
AKP Phnom Penh, le 30 octobre 2025—
Le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping se sont rencontrés ce jeudi pour un sommet aux enjeux importants et qui a été suivi avec beaucoup d'attention, dans l'espoir d'y déceler les signes d'une éventuelle trêve dans la bataille commerciale que se livrent les deux pays.
Les deux dirigeants ont tenu ce qui est leur premier sommet depuis 2019 à Naraemaru, un hall de réception situé sur la base aérienne de l'aéroport de Gimhae, où les délégués étrangers sont habituellement reçus dès leur arrivée. Xi est arrivé en Corée du Sud peu avant pour une visite d'Etat de trois jours.
Trump est arrivé sur le site en avance après avoir quitté plus tôt dans la journée Gyeongju, la ville qui accueille le sommet annuel de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec). «Nous allons avoir une réunion très réussie», a indiqué Trump, alors que les deux dirigeants posaient pour une séance photos avant leur tête-à-tête. «Mais il est un négociateur très dur. Ce n'est pas bien», a-t-il plaisanté.
Trump a ajouté que les deux parties pourraient signer un accord commercial. Au début de la rencontre, Trump a salué Xi en le qualifiant de «grand dirigeant d'un grand pays». «Je pense que nous sommes déjà d'accord sur beaucoup de choses et que nous allons maintenant se mettre d'accord sur quelques unes de plus », a-t-il indiqué.
Xi a offert une appréciation de la situation plus nuancée, soulignant qu'il est «normal» que les deux plus grandes économies du monde «aient parfois des frictions». «Face aux vents, aux vagues et aux défis, vous et moi, en tant que commandants des relations Chine-Etats-Unis, devons rester sur le bon chemin et assurer la navigation stable du grand navire que sont les relations entre Pékin et Washington», a-t-il continué. «Nos deux pays sont tout à fait capables de s'entraider pour réussir et prospérer ensemble.»
Le principal enjeu du sommet Trump-Xi est un éventuel accord qui conduirait la Chine à suspendre pendant un an ses restrictions sur les exportations de terres rares, en échange de l'annulation des droits de douane de 100% sur les biens chinois que les Etats-Unis ont prévu d'appliquer à compter du 1er novembre. Le week-end dernier, les négociateurs commerciaux des deux pays réunis en Malaisie sont apparemment parvenus à un accord-cadre préliminaire allant dans ce sens.
Les deux plus grandes économies du monde ont aussi d'autres questions commerciales à résoudre. La Chine a cessé d'acheter du soja américain plus tôt cette année, ce qui constitue un coup dur pour les agriculteurs américains qui constituent une base électorale importante pour Trump. Les Etats-Unis emploient aussi les droits de douane pour faire pression sur la Chine pour que celle-ci mette fin au fléau du fentanyl.
Trump a indiqué hier qu'il abaisserait les droits de douane pour le fentanyl, qui s'élèvent actuellement à 20%, en contrepartie de la promesse de Pékin de restreindre les exportations de composants chimiques susceptibles d'être utilisés pour la fabrication de cette drogue.
La guerre commerciale entre les deux superpuissances avait entraîné une surenchère en avril lorsque les taxes douanières américaines sur les produits chinois étaient montées jusqu'à 145%, tandis que Pékin avait répliqué avec des droits de douane sur les produits américains à 125%. Après une trêve parvenue lors de négociations commerciales de haut niveau en mai, les taxes sont redescendues à un total de 50% sur les produits chinois et à 10% sur les articles américains.
Bien que peu d'observateurs s'attendent à ce que le sommet d'aujourd'hui mette réellement fin à la guerre commerciale entre les deux pays, ils considèrent que tout accord pouvant réduire les incertitudes autour des mesures punitives des deux pays pourrait constituer un premier pas.
Diverses questions liées à la sécurité constituent aussi un élément important dans la rivalité entre Washington et Pékin, alors que ce dernier semble vouloir montrer ses muscles militaires dans la région. Au premier rang de ces questions figurent l'avancée du programme d'armes nucléaires de la Corée du Nord, les tensions entre la Chine et Taïwan, ainsi que les revendications territoriales de Pékin en mer de Chine méridionale.
Trump a noté hier que Taïwan pourrait ne pas être au menu de ses discussions avec Xi. «Je ne sais pas si nous parlerons de Taïwan», a-t-il dit aux journalistes à bord de son avion Air Force One.

AKP-Yonhap





