Le Cambodge exhorte le HCDH à mener une mission d'observation sur place concernant les bruits perturbateurs à la frontière
AKP Phnom Penh, le 18 octobre 2025 -- Le Comité cambodgien des droits de l'homme (CHRC) a réitéré son appel urgent au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) concernant l'utilisation de bruits perturbateurs comme méthode de persécution psychologique, d'intimidation et de harcèlement par la Thaïlande le long de la frontière Cambodge-Thaïlande, et a demandé instamment qu'une mission d'observation sur place soit menée dans les meilleurs délais.
Dans une lettre adressée à Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, datée du 17 octobre, Keo Remy, président du CHRC, a dit que, comme l'a rapporté le quotidien thaïlandais Khaosod English (17 octobre 2025), un convoi de véhicules équipés de puissants systèmes de sonorisation s'était rassemblé à Ban Nong Chan pour diffuser du 17 au 19 octobre 2025. Ces systèmes auraient généré des niveaux de bruit extrêmes, dépassant largement les limites d'exposition humaine. Les études scientifiques indiquent qu'une exposition supérieure à 140 décibels peut provoquer une rupture du tympan, tandis que des niveaux proches de 200 décibels peuvent provoquer des lésions internes mortelles. Toute action visant à projeter de telles intensités constitue une atteinte grave et délibérée à la santé et à la dignité humaines.
« Des nuisances sonores aussi extrêmes constituent une grave menace pour les habitants du village de Chork Chey, notamment les femmes, les enfants, les personnes âgées, les malades et les personnes handicapées. Ces actes hostiles et provocateurs illustrent une approche de type ‘loi de la jungle’, qui bafoue de manière flagrante les normes juridiques internationales établies. Au-delà de la menace pour la sécurité individuelle, ils compromettent la stabilité régionale et érodent la crédibilité et l'efficacité des mécanismes internationaux de protection des droits humains destinés à protéger les populations innocentes et vulnérables », a-t-il souligné.
Keo Remy a noté que même des personnalités thaïlandaises, dont une sénatrice, des responsables des forces de l'ordre, un conseiller de Human Rights Watch et des dirigeants de partis politiques, ont reconnu que l'utilisation de sons perturbateurs à des fins d'intimidation psychologique constituait une grave violation des droits de l’homme et du droit international, notamment de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (CAT).
« A la lumière de ce qui précède, le CHRC exhorte respectueusement le HCDH à prendre des mesures rapides et concrètes, notamment une mission d'observation sur place dans la zone frontalière entre le Cambodge et la Thaïlande, dans les meilleurs délais, où de graves violations des droits humains ont été signalées », a-t-il dit.
Le président du CHRC a également ajouté que l'absence d'action rapide et concrète risquait d'être interprétée comme une acceptation, ou un mépris tacite, de graves violations du droit international des droits humains et du droit humanitaire. Une telle inaction risquerait de créer un dangereux précédent d'impunité, affaiblissant ainsi la crédibilité et l'efficacité du système international de protection des droits de l’homme
« Le Cambodge s'est délibérément abstenu de toute mesure de rétorsion, malgré les provocations continues, par profond respect des mécanismes internationaux et par ferme engagement en faveur de l'Etat de droit, conscient que toute escalade mettrait en danger les civils des deux camps, en particulier leur droit fondamental à la vie et à la sécurité », a-t-il affirmé.
Keo Remy a conclu sa lettre en réaffirmant la détermination du CHRC à coopérer avec le HCDH pour traiter cette grave question et protéger les droits de l’homme de tous les civils innocents le long de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande.



Par C. Nika





