Le conflit frontalier provoque un traumatisme psychologique parmi les personnes déplacées
AKP Phnom Penh, le 13 août 2025 --
Près des deux tiers, soit environ 66%, des familles déplacées au Cambodge souffrent d'une grave détresse psychologique suite au conflit à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, selon une nouvelle étude de World Vision International au Cambodge rendu public hier.
L'évacuation, le fait d'être témoin de bombardements ou de fusillades et la perte de proches sont les événements les plus déclencheurs pour les personnes touchées, ajoute l'étude.
L'évaluation de la sécurité psychologique menée dans 43 centres de sécurité dont 7 à Preah Vihear, 15 à Banteay Meanchey et 21 à Siem Reap afin de mieux comprendre les impacts psychologiques sur les populations touchées et d'orienter les interventions appropriées a révélé que si plus de la moitié (56%) des adultes se sentaient bien et en sécurité dans les centres de sécurité, beaucoup restaient émotionnellement attachés à leur foyer et s'inquiétaient pour leur famille et de l'insécurité financière. Les enfants ont exprimé des réactions émotionnelles mitigées : 42% se sentaient heureux et en sécurité, tandis que 58% ressentaient de la peur face aux tirs, aux bombardements et aux déplacements forcés.
La détresse émotionnelle était généralisée, de nombreuses personnes interrogées faisant état de symptômes graves tels que peur, colère, troubles du sommeil, manque d’appétit, anxiété et difficultés de concentration. Seulement 35% des personnes interrogées savaient où trouver de l’aide, principalement auprès de leurs proches. Les enfants ont identifié l’éducation et le matériel de jeu comme leurs principaux besoins, tandis que les adultes ont privilégié le riz, les ingrédients de cuisine, les tentes et autres biens essentiels tels que le savon, les matelas, ainsi que l’accès à du personnel médical permanent.
Janes Imanuel Ginting, directeur de World Vision International au Cambodge, a déclaré que les traumatismes pouvaient avoir des effets durables sur la santé mentale et physique.
Il est donc impératif d’apporter un soutien psychologique continu aux personnes touchées, en particulier aux enfants, qu’ils restent dans les centres de sécurité pendant une période prolongée ou qu’ils retournent dans leur village d’origine, a souligné Janes Imanuel Ginting.




Par C. Nika





