Porte-parole des Affaires étrangères : Le Cambodge appelle à la retenue et à éviter les accusations publiques prématurées
AKP Phnom Penh, le 10 août 2025 -- Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Cambodge (MAECI) a fermement rejeté les allégations infondées et irresponsables de la Thaïlande concernant l'incident impliquant des mines terrestres qui a blessé des soldats thaïlandais le long de la frontière.
En réponse à la déclaration du ministère thaïlandais des Affaires étrangères du 9 août 2025, selon laquelle le Cambodge aurait posé de nouvelles mines terrestres, l'Autorité cambodgienne d’action contre les mines et d'assistance aux victimes a déjà fourni une explication claire dans son communiqué de presse du 9 août 2025, réfutant cette accusation infondée.
« A ce jour, aucune enquête crédible et transparente n'a été menée sur l'incident évoqué par la partie thaïlandaise. Le Cambodge appelle à la retenue et à éviter toute accusation publique prématurée, qui risque de saper la confiance réelle et d'éroder l'esprit du cessez-le-feu à un moment où un engagement constructif est urgent », a dit Chum Sounry, secrétaire d'Etat et porte-parole du MAECI, lors d'un point de presse ce matin.
Le Cambodge exhorte la Thaïlande à honorer pleinement les engagements pris lors de la récente réunion extraordinaire du Comité général des frontières Cambodge-Thaïlande, en particulier l'accord de maintien des positions militaires actuelles et d'abstention de tout mouvement ou patrouille vers les positions de l'autre partie, a-t-il ajouté.
Hier, l’Autorité cambodgienne d’action contre les mines et d'assistance aux victimes (CMAA) a fermement réfuté la déclaration du ministère thaïlandais des Affaires étrangères du 9 août, accusant le Cambodge de poser de nouvelles mines.
Dans son communiqué de presse, la CMAA a déclaré : « La position du Cambodge est sans équivoque : nous n'avons pas posé et ne poserons pas de nouvelles mines terrestres. Le Cambodge est un fier Etat partie à la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel, qu'il a ratifiée en 1999, et possède un bilan internationalement reconnu en matière d'élimination, et non de déploiement, de ces armes aveugles. Depuis plus de trois décennies, le Cambodge a déminé plus d'un million de mines terrestres et près de trois millions de restes explosifs de guerre, sauvant ainsi d'innombrables vies et restituant des terres aux communautés. »
A l'heure actuelle, a ajouté la CMAA, aucune enquête officielle et transparente n'a été menée concernant l'incident signalé impliquant des soldats thaïlandais blessés. En l'absence de faits vérifiés, il est essentiel que toutes les parties fassent preuve de retenue dans leurs déclarations publiques. Des accusations infondées risquent non seulement de saper l'esprit de coopération établi dans le cadre du cessez-le-feu, mais aussi d'éroder la confiance à un moment où un engagement constructif est plus que nécessaire.
Le Cambodge espère que la partie thaïlandaise respectera les points convenus lors de la réunion extraordinaire du Comité général des frontières Cambodge-Thaïlande (GBC), en particulier le point 2, qui stipule que les deux parties maintiennent leurs déploiements de troupes actuels sans autre mouvement, y compris les patrouilles vers la position adverse, selon le communiqué de presse.
« Nous réitérons notre volonté de travailler avec la Thaïlande, les partenaires de l'ASEAN et la communauté internationale de la lutte contre les mines pour maintenir la paix et promouvoir la sécurité », a souligné la CMAA.
Le Cambodge réaffirme :
- Le respect absolu de la Convention sur l'interdiction des mines ;
- Son engagement en faveur de la paix, du dialogue et de la coopération technique ;
- Son rejet de toute action ou de tout discours portant atteinte au cessez-le-feu.

Par C. Nika





