Les soldats thaïlandais condamnés pour utilisation d'armes à sous-munitions
AKP Phnom Penh, le 25 juillet 2025 --
Selon le lieutenant-général Maly Socheata, porte-parole du ministère de la Défense nationale, des soldats thaïlandais auraient utilisé des armes à sous-munitions contre des bases militaires et des zones civiles au Cambodge.
S'exprimant dans une conférence de presse ce matin, le lieutenant-général Maly Socheata a déclaré qu'au deuxième jour du conflit armé entre les deux pays voisins, les forces thaïlandaises ont commencé à déployer des armes à sous-munitions lors d'attaques délibérées et illégales sur le territoire cambodgien, ce qui constitue une grave violation de la Convention internationale sur les armes à sous-munitions.
« A 5h25, les forces thaïlandaises ont lancé une attaque aux armes à sous-munitions sur la région de Phnom Khmouch, puis à 6h50, elles ont mené une deuxième frappe sur le village de Techo Thammachart, dans le district de Choam Ksan, dans la province de Preah Vihear », a-t-elle rapporté.
Elle a averti que l'utilisation d'armes à sous-munitions représentait un danger à long terme pour la vie humaine et l'environnement.
Dans sa réponse, l'Autorité cambodgienne d’action contre les mines et d'assistance aux victimes (CMAA) a exprimé sa plus vive inquiétude et sa plus ferme condamnation suite aux informations selon lesquelles des soldats thaïlandais auraient déployé des armes à sous-munitions aujourd'hui, le 25 juillet 2025, dans une zone frontalière du territoire cambodgien.
Les informations préliminaires reçues des autorités locales et des équipes techniques de déminage confirment que plusieurs sous-munitions, conformes aux armes à sous-munitions interdites au niveau international, ont été déployées à proximité de Phnom Khmouch et du village de Techo Thammachart, constituant une menace immédiate et aveugle pour les civils, les démineurs et les communautés frontalières, a déclaré la CMAA dans un communiqué de presse rendu public ce matin.
D'après la CMAA, cet acte constitue une grave violation des normes humanitaires internationales. Les armes à sous-munitions sont interdites par la Convention de 2008 sur les armes à sous-munitions en raison de leur large portée et du danger durable qu'elles représentent pour les civils, en particulier les enfants. Le Cambodge connaît parfaitement les impacts terribles des armes à sous-munitions, ayant subi les conséquences dévastatrices des millions de sous-munitions larguées sur son territoire lors de conflits passés. Ces armes ont mutilé des civils, entravé le développement et plongé des communautés entières dans la peur pendant des générations.
La Thaïlande recourt une fois de plus aux tactiques brutales employées en 2011 lors du conflit armé avec le Cambodge près du Temple de Preah Vihear, lorsqu'elle a utilisé des armes à sous-munitions qui ont causé des dégâts et une contamination considérables.
« L'utilisation d'armes à sous-munitions, en particulier dans ou à proximité des zones frontalières peuplées de civils, constitue une escalade inacceptable. Elle témoigne d'un mépris total pour la vie humaine, les principes humanitaires et la paix régionale. Bien que le Cambodge ne soit pas partie à la Convention sur les armes à sous-munitions, il n'a jamais utilisé d'armes à sous-munitions et a œuvré sans relâche pour débarrasser notre pays de ces armes indiscriminées. L'incident d'aujourd'hui menace non seulement des vies, mais aussi des décennies de confiance et de coopération », a déclaré le ministre d'Etat Ly Thuch, premier vice-président de la CMAA.
La CMAA a également condamné cet acte irresponsable et exigé l'arrêt immédiat de tout nouveau déploiement de telles armes. Cet acte intervient alors que le Cambodge fait preuve d'une retenue maximale et maintient son plein respect de la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel. La CMAA a rappelé à toutes les parties que des progrès dans la lutte contre les mines et la consolidation de la paix régionale ne pouvaient être réalisés que par le dialogue, le respect mutuel et le rejet absolu de la violence et des provocations militarisées.
Par ailleurs, la CMAA a réitéré son engagement en faveur de la transparence et de la responsabilité et a invité la communauté internationale, notamment les Nations Unies, l'ASEAN et les organismes de désarmement humanitaire compétents, à suivre de près la situation.
La Thaïlande doit immédiatement cesser toute action hostile et respecter les principes du droit international humanitaire par le dialogue pacifique, a souligné la CMAA.

Par C. Nika





