Le Cambodge rejette les accusations d'utilisation de mines antipersonnel
AKP Phnom Penh, le 21 juillet 2025 -- Le ministère cambodgien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a rendu public ce soir une déclaration réfutant les accusations de la Thaïlande concernant l'utilisation de mines antipersonnel.
La déclaration complète est la suivante :
« Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Royaume du Cambodge rejette fermement la déclaration publiée par le ministère des Affaires étrangères du Royaume de Thaïlande le 20 juillet 2025, intitulée ‘Protestation contre l’utilisation de mines antipersonnel’, qui accuse le Cambodge d’avoir posé de nouvelles mines antipersonnel en violation de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel (Convention d’Ottawa), causant récemment des blessures à des soldats thaïlandais.
Le gouvernement royal du Cambodge nie catégoriquement ces allégations infondées. En tant qu’Etat partie pleinement attaché à la lettre et à l’esprit de la Convention d’Ottawa, le Cambodge réfute fermement toute allégation de violation de ses obligations au titre de la Convention. Les efforts constants et les réalisations du Cambodge en matière de lutte contre les mines ont été largement reconnus par la communauté internationale, notamment pour ses progrès significatifs dans l’élimination des restes explosifs de guerre sur son propre territoire et pour sa contribution aux opérations de déminage de l’ONU dans d’autres Etats sortant d’un conflit.
Le ministère se doit de rappeler que l’incident en question s’est produit au village de Techo Morakot, district de Choam Ksan, province de Preah Vihear, une zone située en plein cœur du territoire internationalement reconnu du Cambodge. Ce territoire est délimité par les cartes à l'échelle 1:200 000 produites par la Commission mixte franco-siamoise, conformément à la Convention de 1904 et au Traité de 1907. Ces cartes sont reconnues depuis longtemps par les gouvernements cambodgien et thaïlandais comme faisant autorité pour la démarcation des frontières des deux pays. Elles ont également servi de référence à la Cour internationale de Justice dans son arrêt de 1962 et son interprétation de 2013 concernant le Temple de Preah Vihear.
Il est profondément regrettable que des militaires thaïlandais soient entrés dans cette zone en violation du mémorandum d’entente de 2000, qui prévoit clairement une démarcation conjointe des frontières et interdit les activités unilatérales dans les zones non délimitées. Malgré les avertissements du Cambodge concernant les dangers posés par les mines terrestres non explosées, vestiges de décennies de conflit armé, les troupes thaïlandaises ont dévié des itinéraires de patrouille précédemment coordonnés entre les deux pays et ont créé un nouveau chemin à travers le territoire cambodgien. Cet acte irresponsable a violé les accords bilatéraux, violé le territoire sous souveraineté cambodgienne, mis en danger des vies humaines et érodé la confiance mutuelle. Sans parler de l'intention illégitime et illégale affichée par l'armée thaïlandaise d'imposer des règles à l'entrée des touristes et des pèlerins au temple de TamoneThom, en revendiquant la souveraineté thaïlandaise sur les lieux.
Malgré des faits clairs et indéniables, la Thaïlande continue de faire des déclarations imprudentes et trompeuses, affirmant à tort avoir déminé la zone où des soldats thaïlandais ont été blessés par l'explosion d'une mine. En réalité, les troupes cambodgiennes restent stationnées dans la zone, et aucune activité de déminage, contrairement à ce qu'affirme la Thaïlande, n'a eu lieu, la zone étant située en territoire cambodgien. Plutôt que de reconnaître la vérité et d'assumer ses responsabilités, la Thaïlande persiste à diffuser de fausses informations auprès du public et de la communauté internationale. Le Cambodge exhorte la Thaïlande à cesser immédiatement de telles actions et à prendre les mesures appropriées pour rectifier ses fausses déclarations.
Les incidents susmentionnés illustrent clairement la nécessité pour les deux pays de rechercher d'urgence une solution pacifique et juridiquement contraignante par le biais des mécanismes internationaux appropriés. Le Cambodge réitère donc sa position de longue date selon laquelle la Cour internationale de Justice, organe judiciaire principal de l’ONU, est l'instance la plus crédible et la plus impartiale pour résoudre les différends frontaliers qui subsistent entre les deux pays.
Le Cambodge exhorte la Thaïlande à accepter la juridiction de la Cour internationale de Justice sur cette question, de bonne foi, conformément à ses obligations au titre de la Charte de l’ONU et en signe d'engagement sincère en faveur d'une résolution juste, équitable et pacifique des différends frontaliers, afin d'assurer une paix durable, de prévenir de nouveaux incidents injustifiés et de contribuer à la stabilité à long terme des deux pays et de la région dans son ensemble. »


AKP





