Le ministère de la Défense explique l'explosion d'une mine par la déviation de l'itinéraire de patrouille par des soldats thaïlandais
AKP Phnom Penh, le 20 juillet 2025 —
Le ministère de la Défense nationale du Royaume du Cambodge a catégoriquement démenti les accusations de la Thaïlande contre le Cambodge concernant les blessures infligées à trois soldats thaïlandais par l'explosion d'une mine terrestre le 16 juillet 2025, dans le village de Techo Morokot, commune de Morokot, district de Choam Ksan, province de Preah Vihear.
Selon un communiqué publié cet après-midi par la porte-parole du ministère de la Défense nationale, le lieutenant-général Maly Socheata, le Cambodge a exhorté à plusieurs reprises la partie thaïlandaise à suivre scrupuleusement les itinéraires de patrouille convenus d'un commun accord, car ces zones contiennent encore de nombreuses mines terrestres non explosées, qui ont même blessé des civils cambodgiens.
En réalité, souligne le communiqué, les soldats thaïlandais ont violé l'accord défini dans le Mémorandum d’entente de 2000 (MOU-2000) en s'écartant de leurs itinéraires de patrouille habituels et en créant un nouvel itinéraire pénétrant sur le territoire souverain du Cambodge. Ce territoire est reconnu sur la base de la carte à l'échelle 1:200 000, fruit de la démarcation de la frontière et de la pose de bornes entre l'Indochine et le Siam, conformément à l'esprit des traités franco-siamois de 1904 et 1907. Leur incursion a causé des blessures dues à une mine terrestre, vestige de guerre.
« Le respect de la souveraineté et du droit international doit se manifester par des actes, et non par de simples paroles. Par conséquent, le Cambodge appelle la partie thaïlandaise à mettre pleinement en œuvre le MOU-2000 et à recourir pleinement aux mécanismes juridiques internationaux, notamment la Cour internationale de Justice (CIJ), pour résoudre les différends frontaliers. Ce n'est que par ces moyens qu'une paix véritable et durable pourra être instaurée, tout en prévenant de nouvelles blessures ou pertes humaines parmi les civils innocents », lit-on dans le communiqué.
Cet incident soulève également de sérieuses questions quant aux intentions des dirigeants militaires thaïlandais : pourquoi leurs troupes ont-elles reçu l’ordre de patrouiller en dehors de l’itinéraire convenu, alors qu’elles savaient que la zone était dangereuse en raison de la présence de mines terrestres datant de la guerre et malgré les avertissements répétés du Cambodge ? S’agissait-il d’un acte intentionnel visant à provoquer des tensions susceptibles de dégénérer en affrontement ?”, s’est interrogée la porte-parole.
Le ministère de la Défense nationale du Royaume du Cambodge a une fois de plus exhorté la partie thaïlandaise à cesser immédiatement toute action portant atteinte à l’intégrité territoriale du Cambodge et à s’abstenir de tout comportement menaçant la paix et la stabilité le long de la frontière.
En tant que pays fortement touché par les mines terrestres, le Cambodge a joué un rôle actif dans le respect de ses obligations en tant qu’Etat partie à la Convention d’Ottawa interdisant l’utilisation des mines antipersonnel. Le Cambodge est hautement reconnu par la communauté internationale, non seulement pour ses succès en matière de déminage et de destruction de tous types de mines antipersonnel, mais aussi pour sa contribution aux efforts des Nations Unies visant à déminer d’autres pays qui ont souffert ou souffrent encore de la guerre.
A cette occasion, le ministère de la Défense nationale et les Forces armées royales cambodgiennes ont réaffirmé leur soutien total à la position du gouvernement royal du Cambodge visant à résoudre le problème frontalier avec la Thaïlande par des moyens pacifiques et conformément au droit international. Cela comprend la saisine de la Cour internationale de Justice (CIJ) des différends concernant les temples de Ta Moan Thom, de Ta Moan Tauch, de Ta Krabei et la région de Mom Bei.
Ils ont également exprimé leur détermination inébranlable à défendre la souveraineté et l'intégrité territoriale du Cambodge, et se sont engagés à ne pas perdre un seul millimètre de territoire cambodgien, quel qu'en soit le prix.

Par C. Nika





