Le Sénat approuve la proposition d’amendement constitutionnel autorisant la révocation de la citoyenneté
AKP Phnom Penh, le 14 juillet 2025 --
Le Sénat a approuvé à l'unanimité la proposition d'amendement à l'article 33 de la Constitution du Royaume du Cambodge, qui autorise la révocation de la citoyenneté khmère dans certaines circonstances.
Les 58 sénateurs ont voté en faveur de cet amendement lors d'une session extraordinaire de la cinquième législature du Sénat, tenue ce matin au Palais du Sénat, sous la présidence de Samdech Akka Moha Sena Padei Techo Hun Sèn, président du Sénat.
S’exprimant à cette occasion, Samdech Techo Hun Sèn a rassuré que les citoyens ordinaires n'avaient rien à craindre. « Si vous ne trahissez pas la nation, si vous ne conspirez pas avec des pays étrangers pour porter atteinte aux intérêts nationaux, alors vous n'avez rien à craindre », a-t-il souligné.
Le président du Sénat a également réagi fermement aux critiques selon lesquelles l'amendement pourrait violer les droits de l'homme, voire conduire à des actes de génocide. « Je propose que nous demandions aux plus de 150 pays à travers le monde qui ont des lois de révocation de la citoyenneté : ne respectent-ils pas les droits de l’homme ? Sur les 10 Etats membres de l’ASEAN, 9 disposent déjà de telles lois ; le Cambodge est la seule exception. Pourquoi est-ce acceptable pour d’autres, mais pas pour le Cambodge ?», a-t-il demandé.
La proposition d’amendement constitutionnel à l’article 33 a été, le 11 juillet dernier, approuvé à l’unanimité par les 125 députés lors de la 4e session de la 7e législature de l’Assemblée nationale, présidée par Samdech Maha Rathsapheathika Thipadei Khuon Sudary, présidente de l’Assemblée nationale.
Cet amendement établit un cadre juridique pour la révocation de la citoyenneté cambodgienne des personnes reconnues coupables de trahison ou de collusion avec des puissances étrangères portant gravement atteinte aux intérêts nationaux.
Cet amendement en deux articles vise à renforcer la souveraineté et la sécurité nationales en dissuadant l’ingérence étrangère et en punissant les actes de trahison. Elle est conforme à l'article 49 de la Constitution, qui impose à chaque citoyen khmer de privilégier les intérêts nationaux et de participer à la défense et au développement de la patrie.
Le Cambodge possède une longue tradition juridique en matière d'annulation de la nationalité, notamment dans le Code civil de 1920 et la loi sur la perte de la nationalité khmère promulguée en 1968.


Par C. Nika





