Le ministère cambodgien des AE publie une clarification en quatre points concernant le différend frontalier avec la Thaïlande
AKP Phnom Penh, le 07 juillet 2025 --
Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Royaume du Cambodge a rendu public cet après-midi une clarification en quatre points en réponse à une récente déclaration trompeuse du ministère thaïlandais des Affaires étrangères concernant le différend frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande et le mémorandum d’entente sur le levé et la démarcation de la frontière terrestre (mémorandum de 2000), signé par les deux pays le 14 juin 2000.
La clarification complète est la suivante :
1. Le Cambodge réaffirme son engagement indéfectible en faveur du règlement pacifique des différends frontaliers, dans le strict respect du droit international, notamment de la Charte des Nations Unies, de la Charte de l'ASEAN et du mémorandum de 2000. La conduite du Cambodge dans cette affaire repose sur son respect de bonne foi des obligations conventionnelles et des principes d'égalité souveraine et de règlement pacifique des différends, tels qu'ils sont consacrés par la Charte des Nations Unies.
2. Il convient de souligner que la Thaïlande a manqué à plusieurs reprises à ses obligations fondamentales au titre du mémorandum de 2000, en particulier son article 1, qui affirme explicitement que les cartes produites par les Commissions franco-siamoises de délimitation de la frontière entre l'Indochine et le Siam serviront de base au processus de démarcation de la frontière. Contrairement à cet engagement contraignant, la Thaïlande a constamment imposé et appliqué des cartes établies unilatéralement pour faire valoir des revendications territoriales et empiéter sur le territoire cambodgien. Ces actions constituent une violation substantielle du droit international et du mémorandum de 2000, qui demeure juridiquement contraignant pour les deux Etats.
3. La décision du Cambodge de saisir la Cour internationale de Justice (CIJ) constitue une réponse fondée sur des règles et pacifique aux violations continues du mémorandum de 2000 par la Thaïlande, à son recours à la force armée, à ses actes de provocation et à son refus manifeste de respecter le cadre mutuellement convenu pour une démarcation commune. La CIJ, en tant qu'organe judiciaire principal des Nations Unies, est une instance reconnue et légitime pour trancher les différends juridiques internationaux, y compris les questions frontalières, en particulier lorsque les mécanismes bilatéraux sont bloqués en raison de violations persistantes du mémorandum de 2000 par une partie.
4. Le Cambodge appelle donc la Thaïlande à respecter de bonne foi ses obligations conventionnelles, y compris le mémorandum de 2000, à cesser toute action unilatérale sur le terrain et à s'engager de manière constructive dans le règlement pacifique des différends, notamment par le biais du mécanisme juridique international reconnu de la CIJ.
Par C. Nika




