Comment la Thaïlande peut-elle parler d'éthique diplomatique et de professionnalisme ?
AKP Phnom Penh, le 21 juin 2025 --
Récemment, des officiels thaïlandais ont utilisé un enregistrement audio ayant fuité pour attaquer le Cambodge et, en particulier, Samdech Techo Hun Sèn, tout en prétendant respecter l'éthique diplomatique. Il n'y a pas si longtemps, ils ont également remis en question le professionnalisme des dirigeants cambodgiens qui communiquent via Facebook, le qualifiant de non-professionnel. Ils (officiels thaïlandais) peuvent se présenter comme des champions de la diplomatie et de l'éthique, mais en réalité, leurs actions racontent une tout autre histoire. Pourquoi ?
Premièrement, dans leurs relations avec le Cambodge, les autorités thaïlandaises ont eu recours à des tactiques brutales à plusieurs reprises. Le 28 mai 2025, des soldats thaïlandais sont entrés inopinément sur le territoire cambodgien et ont abattu un soldat cambodgien. En réponse, le Cambodge a émis une vive protestation diplomatique, condamnant cet acte comme une grave violation et exigeant une enquête pourque justice soit rendue aux auteurs. Pourtant, le gouvernement thaïlandais a fermé les yeux. Par la suite, il a unilatéralement fermé les postes-frontières sans en informer le Cambodge, une mesure perçue comme profondément irrespectueuse. Pour aggraver les choses, au lieu de résoudre la situation par des moyens légaux et pacifiques, comme la Cour internationale de Justice, la Thaïlande a choisi d'exacerber les tensions en déployant des troupes et du matériel militaire à la frontière. Selon le ministère de la Défense nationale, la Thaïlande a violé la souveraineté cambodgienne à plus de 600 reprises. Est-ce là ce que la Thaïlande considère comme de l'éthique diplomatique et du professionnalisme ?
Deuxièmement, en matière de résolution de conflit, les dirigeants cambodgiens ne savent pas à qui s'adresser côté thaïlandais. La Première ministre thaïlandaise n'a pas le pouvoir de prendre des décisions indépendantes et doit consulter l'armée, notamment sur les questions frontalières. De plus, en cas d'affrontements le long de la frontière, le gouvernement thaïlandais donne à l'armée le pouvoir de décision. Certains commandants thaïlandais, comme le chef de la 2e région militaire, adoptent un comportement agressif et profèrent des menaces de guerre. Historiquement, chaque fois que la Thaïlande est confrontée à des troubles politiques internes, elle détourne l'attention en provoquant des incidents le long de la frontière cambodgienne, prenant le Cambodge en otage dans son propre conflit interne. Est-ce là ce que la Thaïlande considère comme de l'éthique diplomatique et du professionnalisme ?
Troisièmement, de nombreux médias thaïlandais, y compris anglophones, sont devenus des outils de diffusion d'informations fausses, exagérées et préjudiciables. Ils publient régulièrement des articles sans sources destinés à étayer les discours militaires en intimidant, en accusant et en calomniant le Cambodge, notamment pour justifier la mort d'un soldat cambodgien et la poursuite de sa politique agressive. Même lors d'un ajustement militaire des deux côtés visant à apaiser les tensions, l'armée thaïlandaise a exploité les médias pour prétendre à tort que le Cambodge avait accepté de retirer ses troupes, ce qui constituait une grave violation de l'accord. Est-ce là ce que la Thaïlande considère comme de l'éthique diplomatique et du professionnalisme ?
Quatrièmement, suite à la fermeture unilatérale de la frontière par la Thaïlande et aux contre-mesures du Cambodge, qui ont eu un impact négatif sur les intérêts économiques du pays, la Première ministre thaïlandaise a téléphoné à Samdech Techo Hun Sèn, cherchant un moyen de rouvrir la frontière sans nuire à sa propre image. Il s'agissait clairement d'une tentative d'utiliser les liens familiaux sentimentaux comme un outil pour prendre l'avantage sur le Cambodge. Historiquement, de telles tactiques ont pu être efficaces, mais ils ne fonctionnent plus à l'ère du leadership Techo-Thipadei. Comme l'a déclaré Samdech Techo Hun Sèn dans le message divulgué, le Cambodge ne peut pas échanger ses intérêts nationaux contre l'image publique d'un dirigeant thaïlandais, ni compromettre ses intérêts nationaux au nom du sentiment. N'ayant pas su utiliser son influence émotionnelle, la Première ministre thaïlandaise se serait sentie frustrée et a accusé le dirigeant cambodgien de manque de professionnalisme simplement pour avoir partagé des informations sur Facebook. Est-ce cela que la Thaïlande appelle l'éthique diplomatique et professionnelle ?
En résumé, la fuite de la conversation téléphonique entre Samdech Techo Hun Sèn et le Première ministre thaïlandaise est une affaire mineure comparée aux graves violations commises par la Thaïlande contre le Cambodge. En réalité, la Thaïlande n'a aucune valeur morale en matière de diplomatie ou de professionnalisme, ayant longtemps bafoué ces deux principes. La détérioration des relations entre les deux pays découle des actions de la Thaïlande elle-même, qui ont commencé par le meurtre d'un soldat cambodgien, puis se sont poursuivies par des comportements hostiles répétés.
Il est possible que la fuite du message audio ait été involontaire ou qu'il s'agisse d'une forme de représailles de la part d'un individu désapprouvant la conduite de la Thaïlande. Quant à la décision de Samdech Techo Hun Sèn de divulguer l'intégralité du message après sa fuite, elle a été prise par souci de transparence, afin que le peuple cambodgien ne le soupçonne pas de collusion avec un gouvernement étranger au détriment des intérêts nationaux. Cet acte reflète le sens aigu des responsabilités des dirigeants cambodgiens. Pour Samdech Techo et Samdech Thipadei, rien ne prime sur les intérêts nationaux. Leur leadership reste fermement engagé à défendre la dignité, la souveraineté et les intérêts de la nation et du peuple cambodgiens.
Par Pen Bona, ministre délégué auprès du Premier ministre et chef de l’Unité des porte-parole du gouvernement royal
(Traduction non officielle par l'AKP)





