Différend frontalier : Le Cambodge recherche une solution pacifique, pas des armes
AKP Phnom Penh, le 13 juin 2025 --
Le président du Sénat, Samdech Akka Moha Sena Padei Techo Hun Sèn, a souligné que le Cambodge ne cherchait ni armes ni munitions susceptibles de provoquer un bain de sang avec la Thaïlande. Au contraire, le pays appelle à un soutien et à des encouragements en faveur d'une résolution pacifique et légale.
Dans un message publié ce soir sur ses réseaux sociaux, Samdech Techo Hun Sèn a rappelé le vote du Cambodge contre l'invasion russe de l'Ukraine à l'Assemblée générale des Nations Unies, déclarant : « Mes compatriotes et nos amis internationaux comprennent mieux maintenant pourquoi j'ai décidé de demander au ministère des Affaires étrangères et aux représentants du Cambodge de voter contre la Russie en 2022, une décision qui a surpris de nombreux pays concernant la position du Cambodge. »
« J'ai toujours pensé que la Thaïlande pourrait un jour répéter des actes similaires à ceux commis entre 2008 et 2011. Aujourd'hui, nous sommes déjà témoins d'actes d'agression et de mépris du droit international. Par conséquent, ma décision peut désormais être comprise, tant par la communauté internationale respectueuse du droit que dans le contexte des relations futures du Cambodge avec la Thaïlande », a-t-il dit.
Par ailleurs, Samdech Techo a appelé tous les Etats qui défendent une politique étrangère fondée sur l'Etat de droit à encourager les deux parties à résoudre leurs différends de manière pacifique et conformément au droit international.
Il a exhorté les nations respectueuses du droit à encourager la Thaïlande à régler les différends frontaliers devant la Cour internationale de Justice (CIJ), notamment sur les quatre points critiques suivants : 1. La zone du Triangle d'Emeraude (Mom Bei) entre le Cambodge, le Laos et la Thaïlande ; 2. Le Temple de Ta Moan Thom ; 3. Le Temple de Ta Moan Tauch ; et 4. Le Temple de Ta Krabei.
« Le Cambodge ne réclame pas d'armes ou de munitions susceptibles de provoquer un bain de sang avec la Thaïlande. Il souhaite plutôt être encouragé à une résolution pacifique, par le dialogue bilatéral et par des moyens légaux », a-t-il affirmé.
Alors que la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande s'étend sur plus de 800 km, le Cambodge ne mentionne que quatre zones, identifiées comme sensibles et sujettes à un conflit armé potentiel, devant être résolues par la Cour. « Ces quatre questions ne peuvent être réglées par des mécanismes bilatéraux, même dans les 100 prochaines années. Par conséquent, seule la CIJ est capable de les résoudre », a-t-il souligné.
Recourir à la voie judiciaire ne constitue pas une forme de guerre, a affirmé le président du Sénat, soulignant qu'il s'agit d'une approche pacifique et légale qui contribue à prévenir de futurs bains de sang. Pour les gouvernements, le règlement des différends par la Cour constitue également un moyen plus clair d'expliquer les résultats à leurs propres citoyens, même face à des décisions défavorables.
Il a cité des précédents positifs de l'ASEAN : l'Indonésie et la Malaisie, Singapour et la Malaisie, qui ont tous porté leurs différends territoriaux devant la CIJ et accepté les décisions de la Cour. En conséquence, les relations diplomatiques entre ces pays restent solides, sans tensions durables.
« Eluder la résolution juridique équivaut à commettre des violations et à ignorer l'Etat de droit dans un ordre mondial qui valorise et respecte les normes juridiques », a conclu Samdech Techo Hun Sèn.



Par C. Nika





