Le Cambodge exhorte la Thaïlande à soumettre conjointement ses différends frontaliers à la CIJ
AKP Phnom Penh, le 08 juin 2025 —
Le gouvernement royal du Cambodge a réitéré sa demande à la Thaïlande de coopérer en soumettant leurs différends frontaliers à la Cour internationale de Justice (CIJ), réaffirmant ainsi son engagement en faveur d'une résolution pacifique et légale.
Prak Sokhonn, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a lancé cet appel dans une lettre officielle adressée à son homologue thaïlandais le 6 juin 2025.
Chum Sounry, secrétaire d'Etat et porte-parole du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a cité la lettre dans son intégralité :
« Je vous écris dans un esprit d'amitié et avec un engagement sincère en faveur de la coexistence pacifique et harmonieuse de nos deux nations. »
Comme Votre Excellence le sait, les différends frontaliers de longue date entre le Royaume du Cambodge et le Royaume de Thaïlande persistent depuis plusieurs décennies, malgré de nombreux mécanismes bilatéraux et des efforts de bonne volonté visant à les résoudre. Ces questions non résolues demeurent malheureusement une source récurrente d'incompréhension et de tension et ont conduit à plusieurs incidents regrettables.
Plus récemment, le 28 mai 2025, un grave affrontement a eu lieu dans le village de Techo Morokot, commune de Morokot, district de Choam Khsan, province de Preah Vihear, lorsque les forces militaires thaïlandaises ont ouvert le feu sur une position de l'armée cambodgienne, entraînant la mort d'un soldat cambodgien.
Cet incident a souligné l'urgence de trouver une solution durable et pacifique.
Compte tenu de la complexité, de la nature historique et de la sensibilité de ces différends, il apparaît de plus en plus évident que le dialogue bilatéral à lui seul pourrait ne plus suffire à apporter une solution globale et durable.
Dans ce contexte, le gouvernement royal du Cambodge estime que la voie la plus appropriée et la plus pacifique consiste à soumettre les questions relatives à Mom Bei, aux Temples de Ta Moan Thom, de Ta Moan Tauch et de Ta Krabei à la Cour internationale de Justice (CIJ).
Une décision de la CIJ, fondée sur le droit international, offrirait une solution juste, impartiale et durable. Elle apporterait la clarté indispensable sur nos frontières territoriales respectives et, plus important encore, contribuerait à promouvoir un environnement de paix, de stabilité et de coopération durables entre nos deux pays. Une telle démarche affirmerait également notre engagement mutuel à défendre l'Etat de droit, à préserver l'harmonie régionale et à promouvoir la prospérité partagée de nos peuples au sein de la communauté de l'ASEAN.
A la lumière de ce qui précède, j'exhorte respectueusement le gouvernement royal thaïlandais à envisager de se joindre au gouvernement royal du Cambodge pour soumettre nos différends frontaliers à la Cour internationale de Justice. Allons-y. Nous saisissons cette occasion pour réaffirmer notre engagement commun en faveur d'un dialogue pacifique, d'une résolution juridique et d'un avenir de bon voisinage.
Le porte-parole a profité de cette occasion pour réaffirmer la bonne volonté et l'engagement ferme du gouvernement royal du Cambodge à rechercher des solutions pacifiques et à maintenir une approche résolue sur les questions frontalières avec les pays voisins, dont la Thaïlande, contrairement aux accusations portées par certains groupes thaïlandais.
La décision du gouvernement royal du Cambodge de recourir à la CIJ de la question de la zone de Mom Bei, des Temples de Ta Moan Thom, de Ta Moan Tauch et de Ta Krabei vise à parvenir à une solution juste, impartiale et durable, comme l'a clairement expliqué le vice-Premier ministre dans le message ci-dessus, a conclu Chum Sounry.

Prak Sokhonn, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale

Chum Sounry, secrétaire d'Etat et porte-parole du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale
Par C. Nika





