Le recours à la CIJ vise à prévenir un conflit, affirme le PM cambodgien
AKP Phnom Penh, le 07 juin 2025 --
Le Premier ministre Samdech Moha Borvor Thipadei Hun Manet a affirmé que la décision du Cambodge de soumettre le différend frontalier en cours avec la Thaïlande à la Cour internationale de Justice (CIJ) ne visait pas à attiser le conflit, mais plutôt à le résoudre pacifiquement et à éviter un bain de sang inutile.
« L'objectif n'est pas d'aggraver les tensions, mais de prévenir le conflit. En cas de conflit, les deux parties subiront des pertes », a dit Samdech Thipadei lors d'une cérémonie d'inauguration de bâtiments scolaires et d'autres infrastructures éducatives, tenue ce matin à Banlung, dans la province de Rattanakiri.
Il a réitéré les trois mécanismes utilisés par le Cambodge pour résoudre les différends frontaliers : les mécanismes bilatéraux, les voies juridiques internationales et, seulement si nécessaire, la défense militaire.
Le Premier ministre a exhorté le peuple cambodgien à faire confiance au gouvernement royal et aux forces de défense nationale pour gérer la situation. Il a vivement mis en garde contre toute transformation de la question frontalière en conflit racial entre Cambodgiens et Thaïlandais.
Dans ce contexte, il a remercié la population cambodgienne pour sa retenue, notamment face à la manifestation de plus de 200 ressortissants thaïlandais devant l'ambassade royale du Cambodge à Bangkok le 6 juin.
« J'exhorte une fois de plus chacun à ne pas envenimer la situation ni à inciter à la haine raciale. Ces tensions sont attisées par une minorité d'ultranationalistes dans les deux pays. Si l'opinion publique commence à réagir à ces sentiments, le champ de bataille s'élargira, passant d'un conflit militaire à une confrontation sociale et économique entre les deux nations », a-t-il averti.
Samdech Thipadei a également présenté la position officielle du Cambodge à Anwar Ibrahim, Premier ministre de Malaisie et président tournant de l'ASEAN. Lors de leur conversation téléphonique dans la soirée du 6 juin, le chef du gouvernement cambodgien a souligné l'engagement indéfectible du Royaume à maintenir la paix, l'amitié et une coopération constructive avec la Thaïlande.
Il a expliqué que la décision du Cambodge de porter les questions frontalières concernant les zones de Mom Bei, des Temples de Ta Moan Thom, de Ta Moan Tauch et de Ta Krabei devant la Cour internationale de Justice (CIJ) reflétait une volonté de trouver une solution rapide et pacifique. Laisser ces questions sans solution pendant une période prolongée pourrait entraîner une reprise du conflit armé, a-t-il affirmé.
Par ailleurs, Samdech Thipadei a mis l’accent sur l'intention du Cambodge de poursuivre sa collaboration avec la Thaïlande pour faire progresser la mesure, la démarcation et l’implantation de bornes frontalières dans les zones restantes. Cela se fera par le biais du mécanisme existant de la Commission mixte Cambodge-Thaïlande pour le levé et la démarcation de la frontière terrestre (JBC).
Le Premier ministre a également souligné que le Cambodge restait déterminé à renforcer ses relations bilatérales par le biais de tous les mécanismes existants, dans l'intérêt suprême des deux peuples.
A rappeler que la tension à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande s'est intensifiée lorsque les forces militaires thaïlandaises ont ouvert le feu sur un poste militaire cambodgien situé dans le village de Techo Morokot, commune de Morokot, district de Choam Khsan, province de Preah Vihear, une zone reconnue depuis longtemps comme une position militaire cambodgienne, le 28 mai 2025, vers 5h30. Cet échange de tirs a malheureusement entraîné la mort d'un soldat cambodgien.

Par C. Nika





