Entretien téléphonique Han-Trump : la balance commerciale, le GNL américain, les coûts de la défense et la Corée du Nord au menu
AKP Phnom Penh, le 09 avril 2025—
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi avoir discuté avec le président par intérim sud-coréen Han Duck-soo des contributions de Séoul pour la protection militaire apportée par les Etats-Unis à leur allié asiatique alors qu'ils ont tenu leur premier entretien téléphonique depuis l'investiture de Trump en janvier dernier.
Sur les réseaux sociaux, il a dit avoir eu un appel «excellent» avec Han au cours duquel ils ont abordé une variété de questions dont l'excédent commercial «énorme et insoutenable» de la Corée du Sud vis-à-vis des Etats-Unis, l'achat de gaz naturel liquéfié (GNL) américain et la coopération bilatérale dans la construction navale. Leur conversation est intervenue quatre jours après que la Cour constitutionnelle de la Corée du Sud a destitué l'ancien président Yoon Suk Yeol pour son imposition éphémère de la loi martiale en décembre dernier.
«J'ai eu un appel excellent avec le président par intérim de la Corée du Sud. Nous avons discuté de leur excédent énorme et insoutenable, des tarifs douaniers, de la construction navale et d'un achat de grande taille de GNL américain, de leur joint-venture dans un gazoduc en Alaska et du paiement de la protection militaire considérable que nous fournissons à la Corée du Sud», a-t-il écrit sur Truth Social.
«Ils ont commencé (à effectuer) ces paiements militaires au cours de mon premier mandat, des milliards de dollars, mais Joe Biden le somnolent, pour des raisons inconnues, a mis fin à l'accord. C'était le plus choquant de tout ! De toute façon, nous avons les contours et la probabilité d'un grand accord pour les deux pays.»
Trump a ajouté que la «meilleure» équipe de Corée du Sud était à bord d'un avion vers les Etats-Unis pour des négociations. «Nous sommes aussi en train de négocier avec de nombreux autres pays, tous ceux qui souhaitent passer un accord avec les Etats-Unis.» Ses propos sur la protection militaire de la Corée du Sud par les Etats-Unis font allusion à une éventuelle renégociation de l'accord sur le partage des coûts liés au stationnement des 28.500 soldats des Forces américaines en Corée du Sud (USFK).
En octobre, Séoul et Washington sont parvenus à un accord sur le partage des coûts de la défense, appelé Accord des mesures spéciales (SMA). En vertu de l'accord pour la période 2026-2030, Séoul devra verser 1.520 milliards de wons (1,03 milliard de dollars) l'année prochaine, représentant une augmentation par rapport aux 1.400 milliards de wons de cette année.
Après la conclusion des négociations du SMA, Trump, candidat à l'élection présidentielle à l'époque, avait dit que la Corée du Sud paierait 10 milliards de dollars par an pour maintenir l'USFK s'il était à la Maison-Blanche. Il avait également décrit l'allié asiatique comme une «machine à fric».
De nombreux observateurs estiment que Trump pourrait demander une augmentation des contributions de Séoul alors qu'il continue à appeler les alliés de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan) à dépenser 5% de leur produit intérieur brut pour la défense, beaucoup plus important que la directive actuelle de 2% de l'alliance. Cet entretien entre les dirigeants des deux pays a eu lieu alors que Séoul cherche à minimiser l'impact des nouveaux droits de douane américains. Mercredi dernier, Trump a dévoilé des tarifs douaniers réciproques dont 25% pour la Corée du Sud.
Le secteur de l'énergie est un domaine émergent de la coopération bilatérale. Dans un discours prononcé devant le Congrès le mois dernier, Trump avait déclaré que la Corée du Sud et d'autres pays souhaitaient participer au projet de GNL en Alaska «avec des investissements de milliers de milliards de dollars chacun». Le projet, estimé à 44 milliards de dollars, est destiné à construire un gazoduc de 1.287 km de North Slope, réserves prouvées de gaz naturel, vers le sud de l'Alaska pour transporter du gaz naturel qui sera refroidi en liquide pour des livraisons vers l'Asie.
Plus tard dans la journée, le bureau de Han a annoncé qu'au cours de la conversation de 28 minutes, le président par intérim a exprimé son souhait de voir Séoul et Washington accroître et renforcer davantage l'alliance bilatérale sous l'administration Trump, en décrivant l'alliance comme un «fondement» de la diplomatie et de la sécurité de la Corée du Sud. «Les deux parties ont réaffirmé leur engagement clair envers l'alliance militaire Corée du Sud-Etats-Unis et ont échangé des opinions sur la direction de son développement continu», a déclaré le bureau de Han dans un communiqué.
De plus, Han a souligné la volonté de Séoul pour une coopération de niveau plus élevé dans trois domaines clés, à savoir la construction navale, le GNL et la balance commerciale. «Les deux parties sont convenues de poursuivre les consultations constructives sur les affaires liées à la coopération économique, y compris la balance commerciale, au niveau ministériel de sorte à trouver une méthode gagnant-gagnant à l'avenir», a ajouté le bureau.
A propos de l'évolution des menaces nord-coréennes, Han a fait part de son espoir de voir les deux pays travailler ensemble pour s'assurer que Pyongyang reconnaisse clairement que la volonté de la Corée du Sud, des Etats-Unis et du reste de la communauté internationale de dénucléariser le Nord est beaucoup plus forte que la volonté du régime de détenir des armes nucléaires. «Les deux parties sont convenues de continuer l'étroite coopération en matière de politique vis-à-vis de la Corée du Nord», a ajouté le bureau.
Han et Trump se sont également accordés à travailler ensemble pour continuer à développer la coopération trilatérale avec le Japon comme ils partagent l'avis que la coopération entre les trois pays est cruciale pour la paix, la stabilité et la prospérité de la région, selon le bureau.
Trump s'était entretenu par téléphone avec l'ex-président Yoon peu après avoir gagné l'élection en novembre dernier. Mais aucun entretien téléphonique n'avait eu lieu entre Han et Trump après l'imposition de la loi martiale de Yoon. Cet appel est intervenu en plein milieu d'incertitudes politiques et diplomatiques pour Séoul alors que l'absence de leadership suscite des inquiétudes sur des accords reportés entre dirigeants à un moment où le pays fait face à une série de questions à aborder avec Washington, des tarifs douaniers de Trump aux menaces militaires nord-coréennes.


AKP-Yonhap





