Procès en destitution de Yoon : l'ancien ministre de l'Intérieur nie avoir tenté de couper l'électricité et l'eau de grands médias
AKP Phnom Penh, le 12 février 2025—
L'ancien ministre de l'Intérieur Lee Sang-min a nié ce mardi avoir ordonné de couper l'électricité et l'eau de grandes sociétés de presse et chaînes de télévision au cours de l'imposition éphémère de la loi martiale et avoir reçu de telles instructions de la part du président Yoon Suk Yeol.
Lee a tenu ces propos en tant que témoin au cours de la septième audience du procès en destitution de Yoon à la Cour constitutionnelle, faisant référence à des allégations contenues dans l'inculpation par le Parquet de Yoon, selon lesquelles le président lui aurait ordonné vers minuit le 3 décembre de couper l'électricité et l'eau chez Hankyoreh, Kyunghyang Shinmun, MBC et JTBC, des médias considérés à gauche et critiques à l'égard de Yoon, ainsi qu'à l'institut d'enquêtes d'opinions Flower Reasearch.
«Ces mesures ont été complètement exclues (du décret) de la loi martiale, je pense donc qu'il n'y avait pas de raison de donner de tels ordres», a déclaré Lee.
«Il est un fait avéré que le ministre de l'Intérieur n'a pas l'autorité de commander la police ou l'agence de lutte contre les incendies et le président le sait mieux que n'importe qui, il ne m'aurait donc pas donné ce genre d'ordre», a-t-il ajouté.
Lee a toutefois reconnu avoir vu une note sur le bureau de Yoon incluant le chef de l'Agence nationale contre les incendies (NFA) et la liste des noms des médias et de l'agence de sondages.
«J'ai vu plusieurs notes de loin à l'intérieur du bureau du président et l'une d'entre elles mentionnait l'agence de lutte contre les incendies et couper l'électricité et l'eau», a-t-il indiqué.
Le ministre a également témoigné qu'il a essayé d'empêcher Yoon de déclarer la loi martiale lorsqu'il a été convoqué au bureau présidentiel le soir du 3 décembre.
«Après que 11 membres du conseil des ministres ont été rassemblés, le président Yoon est entré de nouveau, en portant un costume, et nous avons cherché à dissuader le président», a-t-il poursuivi. «Le président Yoon a toutefois dit être conscient de l'impact économique et diplomatique, ainsi que de la charge politique que cela engendrerait, mais qu'il avait bien réfléchi et qu'une prise de conscience de la situation et un sens de crise et de responsabilité d'un président étaient complètement différents de ceux d'un membre du conseil (des ministres).»
Avant les témoignages de Lee, Yoon a demandé au banc des juges de lui donner la parole. Il a affiché son opposition à l'utilisation par la Cour constitutionnelle comme preuves des rapports du Parquet sur les interrogatoires de suspects clés liés à l'affaire de la loi martiale en notant que les témoignages sont incohérents car ils ont été faits auprès de plusieurs agences d'enquête. Le président par intérim de la Cour constitutionnelle, Moon Hyung-bae, a dit qu'il examinerait cette question avec d'autres juges.
Le procès est désormais dans ses dernières phases avec seulement une audience restante ce jeudi, même si la cour peut toujours programmer des séances supplémentaires.
Le conseiller à la sécurité nationale Shin Won-sik témoignera plus tard ce mardi avec Baek Jong-wook, ancien troisième directeur adjoint du Service national du renseignement (NIS), et Kim Yong-bin, secrétaire général de la Commission nationale des élections (NEC).
Shin était présent à une réunion des ministres qui s'est tenue au petit matin du 4 décembre pour lever le décret de la loi martiale après que ce dernier a été rejeté par l'Assemblée nationale.
Baek et Kim devraient être interrogés sur les revendications de fraudes électorales de Yoon que ce dernier a citées comme l'une des raisons de la proclamation de la loi martiale.
Yoon a été destitué par l'Assemblée nationale en décembre dernier sur des charges d'incitation à l'insurrection avec son imposition éphémère de la loi martiale.
La Cour constitutionnelle devra décider de confirmer la motion de destitution et de démettre Yoon de ses fonctions présidentielles ou alors de rejeter la destitution et de le réintégrer dans ses fonctions.
Yoon est actuellement au centre de détention de Séoul à Uiwang, juste au sud de la capitale, à l'approche d'un procès pénal sur les charges d'insurrection.

AKP-Yonhap

