Les opérations de déminage au Cambodge se poursuivent avec le soutien du gouvernement et ses partenaires
AKP Phnom Penh, le 08 février 2025 --
Le déminage des mines, des bombes à fragmentation et d'autres restes explosifs de guerre se poursuit avec le soutien du gouvernement royal du Cambodge (GRC) et d'autres pays donateurs, à part des Etats-Unis.
C’est ce qu’a affirmé l'Autorité cambodgienne d’action contre les mines et d'assistance aux victimes (CMAA), dans un communiqué de presse rendu public le 7 février.
Depuis 1992, a indiqué la CMAA, l’action contre les mines au Cambodge, y compris le déminage des mines, des bombes à fragmentation et d'autres restes explosifs de guerre, l'éducation à la réduction des risques et l'aide aux personnes handicapées, a été financée par le GRC, l'Australie, le Japon, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suisse, la Norvège, la Chine, l'Irlande, la Nouvelle-Zélande, la République de Corée, la Hongrie, l'Inde, le Canada, les Nations Unies, l'Union européenne, l'Espagne, la Suède, l'Autriche, la Belgique, la France, les Pays-Bas, la Hongrie et le Danemark, le Fonds de la société civile, le secteur privé et les philanthropes.
Le financement américain pour l’action contre les mines au Cambodge est fourni par le Bureau de l'élimination et de la réduction des armes du Bureau des affaires politico-militaires du Département d'Etat américain à différents opérateurs. Le Centre d’action contre les mines du Cambodge (CMAC) reçoit un financement américain par l'intermédiaire de l'Aide populaire norvégienne (NPA).
« Le financement n'est pas fourni par l'USAID, ni directement au GRC », a précisé la même source, ajoutant qu'en moyenne, le financement américain représente environ 30% du budget annuel total de l’action contre les mines au Cambodge, une grande partie étant allouée à la destruction des bombes à fragmentation et une autre au déminage et aux activités connexes.
Quoi qu'il en soit, la CMAA espère que les Etats-Unis continueront à soutenir la lutte contre les mines au Cambodge.
En outre, le communiqué a mis l'accent sur les réalisations du Cambodge en matière d’action contre les mines au cours des 32 dernières années. De 1992 à 2024, quelque 3 297 km2 de terres contaminées par des mines terrestres ont été déminées pour l’utilisation et la cultivation, dont 81% pour l'agriculture, 4% pour les infrastructures et 15% pour d'autres fins (logements, fermes, écoles, centres de santé, etc.), au bénéfice de plus de 10 millions de personnes.
Au cours de cette période, 1 197 218 mines antipersonnel, 26 567 mines antichars et 3 196 704 restes explosifs de guerre ont été découverts et détruits. Le nombre de victimes s’est réduit remarquablement de 4 320 en 1996 à 49 en 2024.
La CMAA a également mentionné les contributions clés du Projet Samdech Techo pour l’action contre les mines (STP-MA) en 2022 et du fonds spécial du gouvernement royal en 2023 aux réalisations susmentionnées.
Jusqu’à présent, 15 provinces et capitale, dont Stung Trèng, Kèp, Prey Vèng, Phnom Penh, Preah Sihanouk, Kandal, Svay Rieng, Takéo, Kampot, Kampong Chhnang, Kampong Cham, Thbong Khmum, Kampong Speu, Mondulkiri et Kratié, ont été déclarées exemptes de mines.
Dans le même temps, le Cambodge a activement participé à la cause de la paix et aux activités de déminage dans le monde entier en tant qu’Etat membre de l’ONU. Depuis 2006, le Royaume a déployé 9 824 soldats de la paix cambodgiens, dont 857 femmes, pour participer à des missions de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU au Soudan, au Soudan du Sud, au Liban, en Syrie, à Chypre, au Yémen, au Tchad, au Mali, en République centrafricaine et au Congo.
Par ailleurs, en tant qu’Etat partie actif à la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction (Convention d’Ottawa), le Cambodge a présidé et accueilli la cinquième Conférence d’examen de la Convention d’Ottawa, ou « Sommet de Siem Reap-Angkor pour un monde sans mines », avec d’excellents résultats, avec un total de 983 participants venus de plus de 100 pays et de nombreuses organisations nationales et internationales. A l’issue de la réunion, Mme Carolyne-Mélanie Régimbal, directrice du Service de Genève du Bureau des affaires de désarmement de l’ONU, a déclaré : « Grâce à ce Sommet, le Cambodge a une fois de plus démontré dans l’histoire qu’il est un Etat leader sur la question du désarmement humanitaire. »



Par C. Nika





